Politique

Algérie-France : Le Drian attendu ce mercredi à Alger

Premier grand signe de dégel des relations algéro-françaises après deux mois de sérieuse brouille. Le ministre français des Affaires étrangères et de l’Europe, Jean-Yves Le Drian, est attendu ce mercredi 8 à Alger, apprend-on de bonnes sources. C’est le premier déplacement du chef de la diplomatie française en Algérie depuis le début de la crise entre les deux pays.

Le 30 septembre, le président français a tenu des propos très controversés à l’égard de l’Algérie, remettant en cause son histoire en tant que nation avant la colonisation et critiquant ses dirigeants, qualifiés de « système politico-militaire » qui entretient « la rente mémorielle ».

L’Algérie a rappelé son ambassadeur à Paris le jour même de la divulgation de ces propos par le journal Le Monde, le 2 octobre, et fermé son espace aérien aux avions militaires français qui participent à l’opération Barkhane au Sahel.

Le 12 novembre, la conférence de Paris sur la Libye s’est tenue sans le président Abdelmadjid Tebboune qui s’est fait représenter par le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra.

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La presse française avait révélé que le président français avait tenté, « en vain » de joindre son homologue algérien pour l’inviter de vive voix. L’invitation avait été alors envoyée par les canaux diplomatiques.

Mais deux jours avant la conférence, le 10 novembre, un premier signe de décrispation a été perçu dans les propos du ministre Ramtane Lamamra qui a qualifié une déclaration faite la veille par un conseiller du président Macron de « respectueuse » et « raisonnable ». C’était la première fois que des propos de la partie française en lien avec la crise étaient favorablement accueillis à Alger.

Le 10 octobre, le président Tebboune avait conditionné le retour de l’ambassadeur d’Algérie à Paris par « le respect total de l’Etat algérien ». Les responsables français, notamment Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian, ont multiplié les déclarations dans ce sens, réitérant à chaque fois leur respect pour l’Algérie, son histoire et sa souveraineté, et exprimant leurs « regrets » suite aux « polémiques et malentendus » suscités par les déclarations du 30 septembre.

Le président Algérien a réitéré la même position le 5 novembre, indiquant dans un entretien au journal Allemand Der Spiegel qu’il ne fera pas « le premier pas ».

La visite à Alger du ministre français des Affaires étrangères survient alors que de nombreuses sources médiatiques font état de la décision des responsables des deux pays au plus haut niveau d’amorcer un dégel progressif de leurs relations.

“Il vient pour apaiser et réconcilier”, explique un proche du dossier.

Selon le site Africa Intelligence, Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron ont discuté « longuement » au téléphone fin novembre et « ont convenu d’entamer une décrispation progressive de leurs relations d’ici au printemps ».  L’initiative, précise le site, est venue du président français qui a « souhaité remettre à plat les incompréhensions ». Dans le même temps, les discussions sur le Sahel ont repris, ajoute la même source.

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