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Algérie-Sierra Leone : comment Belmadi a vécu le match-Vidéos

L’équipe de football d’Algérie a raté son entame de la coupe d’Afrique des nations 2021. Les Verts ont concédé le nul (0-0) face à une surprenante équipe de Sierra Leone dans le premier match du groupe E qui comprend également la Côte d’Ivoire et la Guinée équatoriale.

Le résultat ne compromet nullement les chances des Verts de passer au deuxième tour et poursuivre leur campagne de défense de leur titre acquis en 2019 en Egypte, mais ce qu’ils ont montré face au 106e au classement FIFA n’a rien à voir avec leur niveau et leur statut.

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En première mi-temps, les Verts sont passés complètement à côté, n’ont pas créé d’occasions et ont failli encaisser plus d’un but. Même lorsqu’ils ont dominé les débats dans la seconde manche, ils ont fait preuve de beaucoup de fébrilité et de maladresse dans la finition.

Déchets dans le jeu, mauvais choix, perte de balles faciles, nonchalance sur le terrain, condition physique limite, excès de confiance, beaucoup de choses peuvent être reprochées à certains éléments de l’équipe nationale dans ce match.

 

Un homme a particulièrement vécu la rencontre sur les nerfs. Il s’agit du sélectionneur Djamel Belmadi. Rarement on a vu le coach des Verts dans cet état.

 

Sous sa conduite, l’équipe nationale a joué des matchs à grand enjeu et connu de grandes difficultés, comme le quart de finale de la CAN 2019 face à la Côte d’Ivoire ou le dernier match des éliminatoires de la coupe du monde 2022 devant le Burkina Faso.

Mais son calme olympien ne l’a jamais quitté. Ce mardi, il a fait le spectacle à lui tout seul sur la ligne de touche et le banc, criant et gesticulant en donnant ses consignes, se tenant la tête ou vociférant à chaque gros ratage ou passe manquée.  Pourquoi une telle tension pour un match qui n’est pas décisif, encore moins couperet ?

En plus de la pression qui pèse sur l’équipe et le coach du fait de ce statut de champion en titre et de la série d’invincibilité, il faut dire qu’en plus de trois ans à la tête des Verts, c’est sans doute l’une des rares fois où il voit son groupe atone, incapable de réagir, notamment en première mi-temps. Djamel Belmadi sait que ce n’est pas avec un tel jeu que l’équipe gardera son trophée.

Les ratages l’ont mis dans tous ses états

Ce match face à la Sierra Leone survient aussi après une période trouble, qui a vu la préparation perturbée par l’arrivée en retard de certains joueurs au stage, l’annulation d’un match de préparation et des cas de covid parmi le groupe.

On a aussi spéculé sur l’absence de Riyad Mahrezau match amical face au Ghana, la supposée colère du coach contre Yacine Brahimi, la résiliation du contrat de Youcef Belaili avec le Qatar SC. Le groupe n’est peut-être pas arrivé au Cameroun dans les meilleures dispositions physiques et morales.

En conférence d’après-match, Djamel Belmadi a paru très affecté. Mais égal à lui-même, il a défendu ses joueurs, mettant tout sur le dos des conditions du match.

« Il a fait très chaud, les joueurs ont puisé dans leurs réserves. L’horaire est inhabituel. Il y a beaucoup d’humidité. Ça avantage l’équipe qui est en place, qui défend, qui coulisse. L’équipe qui fait le jeu qui est dans les courses à haute intensité est pénalisée par les conditions climatiques. On doit faire avec », dit-il.

Mais il se trahit quelque peu quand il évoque la physionomie de la seconde mi-temps. « Aujourd’hui on a manqué de lucidité, d’instinct de tueur dans la surface. Si on a marqué le premier but, ça pouvait finir à 2-0 ou 3-0. On n’a pas marqué ce but, on a eu des occasions franches, on s’est projeté dans la surface de réparation. Autant d’opportunités à ce niveau-là, normalement il doit y avoir un résultat derrière. C’est ça qui est frustrant », dit-il à propos de l’inefficacité de la ligne avant. C’est peut-être ça qui l’a mis dans tous ses états, ainsi que toutes les passes et contrôles manqués et les mauvais choix.

Pendant le match, Islam Slimani, qui a joué titulaire, s’est rapproché de lui pour, semble-t-il, se plaindre de ne pas recevoir suffisamment de ballons. Mais le coach a préféré le faire remplacer à l’heure de jeu par Baghdad Bounedjah qui ne sera pas plus utile.

Rien n’est toutefois perdu pour les Verts qui restent toujours parmi les favoris pour le sacre final. Il ne faut pas perdre de vue qu’en plus de tous les aléas cités, l’équipe a joué sans deux de ses meilleurs éléments, Ismaël Bennaceur et Ramiz Zerrouki, des stabilisateurs du milieu qui plus est. Gageons qu’avec leur retour, l’équipe sera plus séduisante et Djamel Belmadi de nouveau zen. 

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