Société

Avenir sombre pour les clandestins algériens en France

En une semaine, trois faits divers, dont un crime sordide, impliquant des suspects de nationalité algérienne en situation irrégulière, ont été enregistrés en France.

Du pain béni pour la partie de la classe politique française qui réclame une politique plus dure vis-à-vis de l’immigration et des mesures radicales pour accélérer les expulsions des clandestins algériens.

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La stigmatisation qui frappe depuis plusieurs années les Algériens de France, et plus généralement les immigrés d’origine maghrébine et musulmane, risque de s’aggraver.

Vendredi, la presse française a rapporté qu’un clandestin algérien sous le coup d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français) a été arrêté dans la mosquée de Drancy, en Seine-Saint-Denis, où officie l’imam controversé Hassan Chalghoumi.

Au moment de son interpellation, pendant la prière hebdomadaire du vendredi, l’individu portrait un long couteau de boucherie. Selon les informations du Figaro, il aurait avoué son intention de commettre un carnage au sein de la mosquée.

Il s’agirait d’un Algérien de 42 ans, Smail Z., sans domicile fixe et faisant l’objet d’une OQTF. Dans ses déclarations aux enquêteurs, il n’a pas précisé s’il visait spécialement Hassan Chalghoumi, un imam très médiatisé mais contesté par une partie de la communauté musulmane. Celui-ci a été évacué par les policiers chargés de sa protection, alertés à temps de la présence du suspect.

Le même jour, une magistrate a fait l’objet d’une agression sexuelle dans la rue. L’auteur présumé est un autre clandestin algérien en situation irrégulière, sous le coup lui aussi d’une OQTF. La jeune femme a été agressée alors qu’elle intervenait pour tenter d’empêcher l’agresseur de s’en prendre à deux autres femmes.

Ces deux affaires surviennent alors que toute la France est ébranlée par l’horrible assassinat à Paris de la petite Lola, 12 ans.  Le corps de la collégienne a été retrouvé vendredi 14 octobre dans une malle entreposée dans l’immeuble où elle réside.

Lola aurait été étranglée et aurait subi des tortures ainsi que des violences sexuelles. La principale suspecte est encore une Algérienne, en situation irrégulière et faisant l’objet d’une OQTF. La mesure lui a été signifiée en août dernier, mais elle n’a pas été placée en centre de rétention. Ses présumés complices sont, comme elle, tous nés en Algérie.

Stigmatisation des migrants algériens

La divulgation du lieu de naissance de la présumée meurtrière était déjà suffisante pour que les mêmes voix s’élèvent pour crier, cette fois, carrément au « francocide ».

Le terme est inventé par Eric Zemmour. Avec lui, toute l’extrême-droite s’est donné le mot pour reprocher au gouvernement son laxisme et réclamer des mesures drastiques contre l’immigration, notamment les clandestins algériens.

Dans sa campagne électorale pour la dernière élection présidentielle, Zemmour avait insisté sur l’expulsion de tous les clandestins comme étape prioritaire dans son programme anti-immigration.

Les détails sordides de ce meurtre ont choqué toute la société française et des propositions de lois plus fermes fusent même de la droite traditionnelle. Comme ce sénateur des Républicains qui a annoncé son intention de déposer un projet de loi qui criminalise l’Etat à chaque fois qu’un Français est blessé ou tué par un étranger « qui n’a rien à faire en France ».

La catégorie visée est celle des étrangers en situation irrégulière, et particulièrement ceux qui sont sous le coup d’une OQTF.

Il n’y a pas de doute qu’après cette succession de crimes impliquant des individus dans cette situation, la classe politique française sera unanime, au moins sur l’exécution ferme des mesures d’expulsion. La cause des clandestins sera en tout cas moins facile à défendre.

Les migrants algériens, déjà fortement stigmatisés par une partie de la classe politique française, risquent de l’être davantage par la faute de quelques individus au comportement, il faut le dire, indéfendable et inexcusable.

La question des OQTF est l’un des points sur lesquels butent les relations de la France avec les pays du Maghreb. En 2021, le gouvernement français a décidé d’imposer un taux de refus de 50% aux demandes de visas émanant des citoyens algériens, marocains et tunisiens pour contraindre les gouvernements de ces pays à délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires pour l’expulsion des clandestins.

On ne connaît pas encore tous les détails liés à la procédure d’expulsion des individus impliqués dans les crimes de cette semaine, c’est-à-dire qu’est-ce qui a fait qu’ils soient toujours sur le territoire français, mais tous ceux qui réclament la tolérance zéro pour les clandestins tiennent désormais un argument solide : si l’OQTF visant sa meurtrière présumée avait été exécutée, la collégienne de 12 ans ne serait pas morte.

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