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Énigmatique licenciement d’un journaliste marocain d’Al Jazeera

La Toile, notamment marocaine, s’enflamme suite au licenciement par la chaîne Al Jazeera du journaliste marocain Nasser Abdessamad.

La décision n’a pas été annoncée officiellement par le média qatari, mais l’information a été rapportée par un média réputé sérieux, Al Quds Al Arabi, et largement reprise par la presse marocaine.

Le journal paraissant à Londres a annoncé que la chaîne qatarie a décidé de se passer des services du journaliste marocain Nasser Abdessamad et de la présentatrice soudanaise Nancy Mahdjoub, sans citer de sources ni livrer les raisons de cette décision.

Al Quds Al Arabi s’est contenté de rappeler le parcours des deux journalistes, indiquant notamment que Nasser Abdessamad est l’un des plus anciens membres de l’équipe d’Al Jazeera qu’il a rejoint en 1997.

En plus de 25 ans, il a présenté et animé plusieurs émissions et couvert de nombreux événements marquants de l’actualité internationale, comme les attaques du 11 septembre 2001, la guerre en Irak et les multiples agressions israéliennes contre la bande de Gaza.

« Nasser Abdessamad est un journaliste très actif sur les réseaux sociaux », a ajouté le journal londonien, qui paraît également à New York et Francfort.

L’information a été largement reprise par la presse et les réseaux sociaux marocains qui ont déduit que le licenciement du journaliste est motivé par ses positions et le soutien qu’il exprime publiquement aux décisions des autorités de son pays.

Derradji et Bengana qualifiés d’ « ennemis algériens » au Maroc

Le collimateur.ma par exemple rappelle que le journaliste licencié par Al Jazeera « est réputé pour ses prises de position remarquablement patriotiques, notamment sur le dossier du Sahara marocain ».

Le site marocain va plus loin et n’hésite pas à qualifier les journalistes de la même chaîne qatarie, Hafid Derradji et Khadija Benguenna, d’ « ennemis algériens » envers lesquels Abdessamad défendait les positions de son pays.

Depuis quelques mois, le Maroc perd un à un ses relais et lobbyistes dans les institutions et médias internationaux, depuis notamment l’éclatement du scandale de corruption de députés européens par les services marocains.

En janvier dernier, la direction de la chaîne française BFMTV a ouvert une enquête pour « ingérence étrangère » dans ses programmes qui a abouti au licenciement, le 23 février, du journaliste d’origine marocaine Rachid M’barki pour « faute grave ». La chaîne a déposé plainte contre x pour abus de confiance et corruption passive.

Le journaliste avait mis à profit ses émissions pour défendre les positions du Maroc, notamment sur la question du Sahara occidental.

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