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France : « Sans titre de séjour, je ne sais pas si je vais pou­voir conti­nuer à tra­vailler »

France : « Sans titre de séjour, je ne sais pas si je vais pou­voir conti­nuer à tra­vailler »

Alors que l’administration française ne cesse de vanter le passage à la dématérialisation du système d’obtention et de renouvellement des titres de séjour, les demandeurs et les associations n’y voient que des obstacles.

Par lazyllama / Adobe Stock

La préfecture de l’Isère, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, propose un accueil physique, mais uniquement sur rendez-vous devant être obtenus en ligne.

La Préfecture indique dans un communiqué, cité par le journal local Le Dauphiné Libéré, que cette mesure intervient pour « ré­pondre aux de­mandes des usa­gers et amé­lio­rer les dé­lais d’ins­truc­tion des dos­siers ».

« Ces ren­dez-vous sont mis en ligne 2 ou 3 fois par se­maine et dis­pa­raissent en un clin d’œil »

Pour défendre son point de vue, la préfecture révèle que depuis le début de l’année, « environ 12.000 ren­dez-vous ont ainsi été at­tri­bués ». Il s’agirait donc de 2.000 rendez-vous de plus que ce que per­met­tait l’an­cien sys­tème sur une même période.

Il convient de noter que cette dématérialisation des rendez-vous ne concerne pas uniquement les demandes de titres de séjour, mais aussi les certificats d’immatriculation, les passeports…

Selon les autorités françaises, le vo­lume de ren­dez-vous per­met au demandeur « qui an­ti­cipe ses dé­marches (4 à 2 mois avant l’ex­pi­ra­tion de son titre, comme le pré­voit la ré­gle­men­ta­tion) d’ob­te­nir un ren­dez-vous dans le délai sou­haité ».

Or, sur le terrain, la suppression de l’accueil physique, sans rendez-vous préalable, n’a fait qu’empirer les choses, déjà peu pratiques : les délais de réponse sont toujours assez longs et la prise de rendez-vous en ligne est difficilement accessible.

Ainsi, au lieu de faciliter les choses, comme le prétend l’administration, la dématérialisation du système des rendez-vous a compliqué davantage les démarches. De nombreux demandeurs cités par le même journal en font les frais, craignant de voir leurs vies professionnelles et familiales mises en danger.

Il est, en effet, impossible pour les personnes n’ayant pas forcément accès à Internet de se rendre physiquement en préfecture pour déposer leurs dossiers, ou même d’obtenir des renseignements à l’accueil.

« Je ne sais pas si je vais pou­voir conti­nuer à tra­vailler »

« Ces ren­dez-vous sont mis en ligne deux ou trois fois par se­maine et dis­pa­raissent en un clin d’œil », constate le collectif Bouge Ta Pref, dans une lettre adressée à la préfecture d’Isère, pour dénoncer la situation.

Si, par mi­racle, un ren­dez-vous est ob­tenu en ligne, « nous consta­tons un nombre crois­sant de refus de dépôt de demande au gui­chet, des an­nu­la­tions sans motif du ren­dez-vous précédemment ob­tenu et une ab­sence de neu­tra­lité bien­veillante », ajoute l’association.

Ainsi, de nombreux étrangers, pourtant en situation régulière, peinent à renouveler leurs titres de séjour, ce qui met leurs vies professionnelles et familiales en péril.

« Si ja­mais je n’ai pas mon titre de séjour, je ne sais pas si je vais pou­voir conti­nuer à tra­vailler. J’ai trois en­fants à charge, je ne sais pas com­ment je vais faire », s’inquiète une femme de ménage dans une grande banque gre­no­bloise.

Cette situation touche également les étudiants étrangers. « Sans titre de séjour, pas de petits bou­lots, pas de vacances où on re­tourne voir la fa­mille. On est blo­qués », déplore un représen­tant des étu­diants au Col­lec­tif d’as­so­cia­tions afri­caines et étu­diantes de l’Isère.

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