Société

Front social : montée en puissance des revendications salariales

Le front social est en ébullition en Algérie, dans un contexte de montée en puissance des revendications salariales sur fond de dégradation du pouvoir d’achat.

Après la grève des soignants début avril, ce sont les travailleurs de l’éducation nationale et les éléments de la Protection civile qui sont passés à l’action avec des rassemblements dans plusieurs wilayas du pays. Ils dénoncent tous la détérioration de leur pouvoir d’achat et réclament une augmentation des salaires.

« Aujourd’hui, le travailleur algérien -dont l’enseignant- vit dans la pauvreté et dans la misère. Il y a une érosion inquiétante et insupportable du pouvoir d’achat », s’offusque Boualem Amoura, SG du Syndicat national des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) qui prévient contre « une explosion sociale imminente ».

Le syndicaliste, contacté par TSA, n’exclut pas qu’elle intervienne dès la prochaine rentrée sociale. « Ce sera encore pire », avertit-il.

Ce lundi 26 avril, un rassemblement de protestation a été organisé par des enseignants des trois cycles devant l’annexe du ministère de l’Education nationale du Ruisseau (Alger).

Les protestataires qui n’excluent pas un report des corrections des examens, menacent d’une grève illimitée si leurs revendications ne sont pas prises en charge.

Très sollicités depuis le début de la pandémie du Covid-19, les agents de la Protection civile montrent aussi leur mécontentement.

Ce que réclament les pompiers

Après une journée de protestation organisée le 18 avril dernier à travers tout le pays, et face au mutisme de leur Direction générale et du ministère de l’Intérieur, ils ont entamé depuis dimanche 25 avril un mouvement de protestation sous forme de rassemblements quotidiens devant les unités principales « jusqu’à la satisfaction de leurs revendications » socioprofessionnelles.

Celles-ci sont relatives entre autres à la revalorisation du salaire de base de 15 600 à 24 000 DA, une nouvelle classification et la prime Covid dont ils exigent le versement de la 3e et 4e tranches correspondant aux deux derniers trimestres 2020 « dans les plus brefs délais ».

Par ailleurs, les agents de la Protection civile protestent contre le volume de travail par semaine rallongé de 80 heures supplémentaires sans indemnisation, selon eux.

Outre leur régularisation vis-à-vis du service national, les agents de la Protection civile réclament aussi leur quota au logement social et appellent à la réhabilitation de leurs collègues radiés ainsi que ceux qui ont fait l’objet de mutation sur fond de sanction disciplinaire.

Une promotion automatique après 5 années d’expérience figure aussi sur la plateforme des revendications des agents de la protection civile.

Les employés du secteur de la Poste ont eux aussi initié un mouvement de grève inopiné qui a duré cinq jours, du 13 au 17 avril, pour revendiquer une revalorisation salariale et l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles.

Dans le secteur de la santé, la protestation reprend également avec un rassemblement tenu le 7 avril dernier par les praticiens de la santé publique (SNPSP), les paramédicaux (SAP) et les hospitalo-universitaires (Snechu).

« Nous sommes ici non pas pour l’argent mais pour (défendre) notre dignité », avait alors lancé le Pr Rachid Belhadj lors d’un rassemblement à l’intérieur du CHU Mustapha à Alger.

« Depuis 20 ans que nous négocions. Nous avons eu des promesses et avons vu passer dix ministres (de la Santé) mais avec toujours les mêmes paroles », fulmine le président du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu).

Les plus lus