search-form-close
Lamamra : « Tebboune et Macron entretiennent une excellente relation »

Lamamra : « Tebboune et Macron entretiennent une excellente relation »

Le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra a évoqué ce vendredi 4 février les relations entre l’Algérie et le Maroc, les rapports entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron, le déploiement de Wagner au Mali, la levée de la suspension du survol des avions militaires du territoire algérien…

Situation au Mali : l’Algérie attend

« Nous sommes très attentifs à tout ce qui se passe dans la région et nous considérons que l’Union africaine, puisque nous sommes à Addis-Abeba, devrait pouvoir disposer des moyens et faire preuve de la volonté politique nécessaire pour apporter des solutions africaines aux problèmes de l’Afrique. A défaut, il est naturel que des solutions alternatives, comme celles qui ont prévalu jusqu’à présent puissent, avoir lieu de sorte que les groupes terroristes ne fassent pas qu’une bouchée de ce grand pays si névralgique et si important pour la paix et la sécurité de toute la région. J’espère qu’il y a encore de l’espace pour de la raison, pour des démarches respectueuses de la souveraineté nationale du Mali (…) », a expliqué Ramtane Lamamra en réponse à une question sur la situation au Mali.

| Lire aussi : France : le discours anti-algérien prend des allures inquiétantes

« Il y a des solutions autres que les faits accomplis », a soutenu Lamamra, en soulignant que l’Algérie est disposée à organiser le dialogue entre le Mali et la Cédéao. « Nous attendons du gouvernement malien et des instances dirigeantes de la Cédéao de nous dire leur disponibilité à participer à un dialogue fraternel que l’Algérie est disposée à organiser », a expliqué Lamamra.

Survol de l’Algérie d’avions militaires russes « remplis de mercenaires »

« Si des avions russes, français, chinois ou américains survolent le territoire algérien, cela ne constituerait  absolument pas un évènement de nature politique », a répondu le chef de la diplomatie algérienne à une question relative au survol du territoire algérien d’avions russes « remplis de mercenaires » de la société Wagner pour se déployer au Mali.

Sur la qualification de mercenaires, Ramtane Lamamra a tenu à exprimer son désaccord avec les deux journalistes qui l’ont interviewé.

« Je ne suis pas sûr que la qualification de mercenaires soit consensuelle. Il y a d’autres points de vue pour décrire les personnels en question. Je ne dis pas que je préfère tel ou tel point de vue, mais en répondant à votre question qui porte ce nom, je ne voudrais que l’on comprenne que je le reprends à mon compte. D’autant plus que le gouvernement malien dit qu’il ne s’agit pas de cela.  Le gouvernement russe non plus », a détaillé Lamara.

| Lire aussi : Le Mali expulse l’ambassadeur de France

Pour le chef de la diplomatie algérienne, la question Wagner au Mali ne constitue pas le problème principal. « En l’occurrence, ce que je vous dit, ce sont des épiphénomènes par rapport au principe lui-même qui est que l’Algérie n’est pas en faveur du déploiement de forces étrangères sur le continent africain tout en respectant le droit souverain des Etats concernés de faire appel à des formes d’assistance de la part de partenaires internationaux. »

Relations Algérie – France

Après plus de trois mois de brouille diplomatique, qui a été provoquée par les propos controversés du président Macron sur la colonisation et le système algérien, les relations entre l’Algérie et la France ont repris progressivement début janvier, avec le retour de l’ambassadeur algérien à Paris. Le 25 janvier, Macron a téléphoné à son homologue algérien.

« Les  présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron ont une excellente relation personnelle. Ils se téléphonent, parfois c’est annoncé comme celle du 25 janvier, parfois non. La communication entre les deux chefs d’Etat existe, elle cordiale, confiante, mais elle ne suffit pas pour masquer l’existence de problèmes. Nous sommes aujourd’hui dans une phase ascendante, laborieusement ascendante puisqu’il y a un grand nombre de difficultés dans cette relation bilatérale », a expliqué Ramtane Lamamra.

Le chef de la diplomatie algérien a précisé : « Singulièrement lorsqu’il s’agit, en ce qui nous concerne, de la protection et de la préservation de la sécurité et de la dignité de nos compatriotes en territoire français. C’est un sujet auquel nous sommes particulièrement sensibles. Il y a d’autres sujets qui sont quantifiables ou les solutions de compromis sont toujours possibles, mais quand il s’agit d’atteinte à la mémoire, à l’histoire ou à la dignité du peuple algérien ou de compatriotes installées ou voyant en France, ceci constitue souvent des motifs très sérieux de difficultés dans les relations bilatérales. Mais disons que nous sommes dans la phase ascendante. »

| Lire aussi : Crise malienne : l’UA acte le retour en force de l’Algérie

Invité par Macron à prendre part au sommet Union européenne – Union africaine à Bruxelles, Tebboune pourrait faire le voyage. « A ce stade je n’exclus rien », a simplement répondu Lamamra.

Sur les Algériens que la France veut expulser, Ramtane Lamamra s’est montré ferme : « Naturellement il faut que la loi soit appliquée, mais de manière sélective et dans le respect de la dignité humaine. Dans la discussion avec les autorités françaises, nous veillerons à ce qu’il n’ait pas de charters que les gens bénéficient des recours possibles avant qu’elles soient reconduites aux frontières. Les autorités algériennes tiennent à ce que ces accords algéro-français soient exécutés de manière convenable. Il est faux de dire que nous refusons de recevoir nos compatriotes qui n’ont rien à faire en France ».

Sur le nombre d’Algériens que la France veut expulser, Ramtane Lamamra estime qu’il y a une exagération : « Quand certains annoncent publiquement qu’il faut faire du chiffre, c’est clair qu’il y a des abus ».

Survol des avions militaires français

Depuis le 3 octobre, les avions militaires français de l’opération Barkhane ne sont plus autorisés à survoler l’Algérie. La décision a été prise après la révélation des propos de Macron sur la colonisation, la nation algérienne et le système « politico-militaire » algérien. En dépit du réchauffement des relations entre les deux pays, cette interdiction n’a pas été levée. Interrogée si des avions militaires français pourraient à nouveau survoler le territoire algérien, Lamamra ne l’a pas exclu.

« Il s’agit d’une mesure technique qui n’a pas vocation à durer éternellement. Des ponts de la coopération algéro-française sont en train de se remettre en place, cette question ne doit pas être traitée comme quelque chose d’éminemment politique ou d’horizon infranchissable », a répondu Lamamra.

| Lire aussi : Visas aux Algériens : l’Algérie « déplore » la décision de la France

Sur la demande de Macron de reconnaissance par l’Algérie de français à Oran après le cessez-le-feu en 1962, Ramtane Lamamra a plaidé pour que « l’histoire doit être laissée aux historiens »

« Nous pensons que l’histoire doit être laissée aux historiens. Et que cela doit se faire dans la sérénité et que cette appropriation par chacun des peuples concernés de son histoire devrait se faire, dans la mesure du possible sans acrimonie et sans des accusations qui ne sont pas forcément avérées », a-t-il dit, en réclamant la restitution de quelques crânes de résistants algériens qui se trouvent toujours en France. « On se demande si c’est civilisé de les garder dans des musées », a-t-il dit.

  • Les derniers articles

close