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Le gaz dégringole et le pétrole termine l’année au-dessous de 80 dollars

Le gaz dégringole et le pétrole termine l’année au-dessous de 80 dollars

L’année 2023 s’achève sur une pointe de pessimisme pour les prix du pétrole et du gaz, malgré une conjoncture internationale censée être propice à l’envolée des cours.

Sur toute l’année qui s’achève, le baril de pétrole a perdu 10 % de sa valeur. Paradoxalement, l’année a été marquée par plusieurs événements devant nourrir les craintes pour l’offre, dont la poursuite de la guerre en Ukraine, la guerre à Gaza avec le risque d’une génération du conflit à toute la région, la perturbation de la navigation en Mer rouge et surtout, la multiplication par les membres de l’Opep+ des réductions volontaires de la production.

Tout cela n’a pas permis aux cours du pétrole de faire des gains substantiels. L’unique critère déterminant semble être celui des prévisions du ralentissement de l’offre dans les premiers mois de 2024.

Les cours de Brent ont clôturé vendredi 29 décembre légèrement au-dessus de 77 dollars le baril (77,08), en baisse de plus d’un demi-dollar par rapport à la matinée (77,58 dollars).

Le gaz naturel est aussi en baisse. Le TTF néerlandais, qui constitue la référence européenne, était vendredi à 32,53 euros le mégawattheure. La perte de valeur pour le gaz européen est encore plus marquée que celle du pétrole, à -57 %. Un début d’hiver plus chaud que prévu et des stocks européens plus élevés sont les principaux facteurs de cette forte baisse des cours de gaz.

S’agissant des cours de pétrole, ils avaient enregistré une forte hausse fin septembre, frôlant les 100 dollars, conséquemment à des craintes sur un déficit de l’approvisionnement du marché mondial dès la fin de l’année.

Ils ont ensuite été poussés par le déclenchement de la guerre à Gaza après l’attaque du Hamas palestinien le 7 octobre à cause des craintes de l’extension du conflit.

Mais les prix ont vite dévissé, les analystes excluant chaque jour davantage l’entrée directe de l’Iran dans la guerre. Même les attaques des pétroliers et des navires marchands en Mer rouge et dans le golfe d’Aden par les Houthis, avec comme conséquence la suspension de leurs activités dans la zone par plusieurs compagnies qui ont opté pour un détour onéreux par le cap de Bonne Espérance, n’ont pas provoqué une flambée des prix du pétrole.

Baisses volontaires de la production inefficaces de l’Opep+

Ces tensions géopolitiques simultanées, qui s’ajoutent à la guerre qui se poursuit en Ukraine, « sont restées étonnamment inefficaces » pour porter les cours vers le haut, constate un analyste de Swissquote, Ipek Ozkardeskaya, cité par Le Figaro. « La prime de risque géopolitique a déjà été intégrée dans les prix », tente d’expliquer Han Tan, analyste chez Exinity.

À titre de comparaison, la guerre en Ukraine dans ses premières semaines avait porté les cours à 138 dollars en avril 2022, soit leur plus haut niveau depuis 2008 où ils avaient atteint 147 dollars le baril.

Également étonnant, l’inefficacité des réductions successives de la production journalière des pays de l’Opep+.

Début décembre, le groupe a annoncé une réduction volontaire supplémentaire de 2,2 millions de barils/jour et maintenir ces baisses jusqu’à fin décembre 2024.

Ce qui porte le cumul des réductions décidées par les membres de l’organisation à 5 millions de barils/jour, soit 10 % du volume global de sa production.

La nouvelle réduction de l’Algérie s’élève à 51.000 barils/jour et s’ajoute à celles de juillet (20.000 barils) et d’avril (48.000). Son offre quotidienne est désormais fixée à 908.000 barils.

Pour les analystes, c’est un signe qui ne trompe pas : l’Organisation des pays exportateurs de pétrole perd de son influence sur le marché pétrolier.

En termes de chiffres, elle ne contrôle plus que 50 % de l’offre mondiale, soit environ 50 millions de barils/jour. À cela, s’ajoutent les dissensions entre ses membres qui ont récemment éclaté au grand jour avec le retrait de l’Angola qui refuse la réduction de sa production.

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