Société

Lutte anti-Covid en Algérie : graves révélations de Benbouzid

Face à l’augmentation des contaminations des cas de Covid-19 en Algérie et pour se preparer à toute urgence, le ministre de la santé a haussé le ton, ce lundi 20 décembre, face aux responsables de la santé des wilayas et les directeurs des hôpitaux.

Les wilayas d’« Alger, Béjaïa, Tizi Ouzou, Oran, Jijel, Tlemcen connaissent une augmentation des contaminations au Covid-19. Chaque DSP est libre de prendre les mesures qu’il faut pour veiller à la disponibilité des lits Covid. Chaque directeur est responsable de son établissement. Si un responsable rencontre un problème, nous serons là pour l’aider. Le tout est d’éviter les cas de fermetures de service durant la 4e vague du Covid », a déclaré le Pr Abderrahmane Benbouzid, au cours de cette rencontre, la deuxième du genre en une semaine.

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Le ministre n’a pas caché son mécontentement face aux attitudes de certains chefs d’établissements hospitaliers au plus fort du pic de la 3e vague à l’été dernier. Le Pr Benbouzid a fait de graves révélations sur la gestion des structures hospitalières.

« Certains confrères ont refusé de libérer des lits en disant « pourquoi nous pas d’autres » », a révélé le Pr Benbouzid. « Nous devons nous organiser avec les conseils médicaux et scientifiques dans le respect, a-t-il exhorté. Si des problèmes surviennent, nous nous en occuperons. Mais il n’y en aura pas, puisque nous avons une confiance totale en nos personnels de la santé, particulièrement durant cette 4e vague ».

Le ministre de la santé a mis en cause en termes voilés la mauvaise volonté de certains chefs d’établissements de santé qui, malgré la disponibilité des lits, prétendaient qu’ils n’en avaient pas.

« Au mois de juillet dernier, nous avons diligenté une inspection. En pleine crise de 3e vague, on a conclu à des taux d’occupation de lits qui ne dépassait pas 30% », a dit Benbouzid.

La parole est donnée à l’inspecteur ayant mené l’enquête qui a donné l’exemple d’un hôpital où le taux d’occupation sur un glissement annuel ne dépassait pas 28%. « Le taux d’occupation le jour de l’inspection ne dépassait pas 23%. Et en pleine crise, le taux était de 26% », a détaillé l’inspecteur qui a mené l’enquête. « Donnez-moi une explication », a demandé Benbouzid.

« C’est un refus d’hospitalisation », a lancé le chargé de l’enquête. « Je souhaite que cela ne se reproduise pas. Je ne suis pas là pour vous sanctionner mais la vérité doit être dite. Quand vous avez un hôpital qui ne dépasse pas 40% de taux d’occupation des lits et où on n’arrivait pas à hospitaliser, qu’en dire ? ». « Ce qui nous est arrivé durant la 3e vague ne doit pas se reproduire. On n’en a pas le droit. Il nous reste encore du temps et nous allons nous équiper. Les personnels de santé et le matériel, tout est disponible. C’est la coordination qui nous fait défaut », a-t-il ajouté.

Le ministre a appelé les responsables de la santé et des hôpitaux à prendre toutes les dispositions permettant de faire face à la nouvelle vague.

 «Nous sommes à 3 000 lits occupés actuellement. On va préparer les lits et les services de réanimations avec l’oxygène : remplissez les cuves, assurez-vous de la maintenance et que les conduites d’oxygène sont en bon état. Concernant les médicaments, ils sont disponibles au niveau de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) en particulier les anticoagulants. Utilisez les concentrateurs pour les malades qui ont besoin de 5 à 10 litres. Utilisez les générateurs », a détaillé Benbouzid.

Le ministre de la santé a rappelé la recommandation phare et relative à la mise en place d’un hôpital Covid pour chaque wilaya, exception faite de la capitale qui en dispose de 19. « On doit avoir des lits prêts. Maintenez les urgences », a recommandé le ministre. Selon lui, les directeurs des hôpitaux ont la latitude de choisir les services aptes à être dédiés au Covid. Il a annoncé qu’une cellule de veille sera installée au ministère de la santé pour répondre aux sollicitations des populations en matière d’hospitalisation.

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