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Maroc : des stars de cinéma empêchées d’évoquer la Palestine

Le Maroc est sans doute le pays qui se retrouve dans la position la plus inconfortable vis-à-vis des évènements en Palestine. Une gêne qui s’est vérifiée lors du festival du film de Marrakech où les stars occidentales conviées ont été empêchées de répondre aux questions relatives à la guerre contre Gaza. Sur, paraît-il, instruction venue du Palais royal.

Le festival international du film de Marrakech est un important rendez-vous du septième art, réunissant chaque année dans la ville touristique marocaine des acteurs, réalisateurs et producteurs du monde entier. Cette année, sa tenue à coïncidé avec la guerre à Gaza qui met très mal à l’aise la monarchie marocaine.

Alors que le palais royal ne souhaite pas fâchée le nouvel allié israélien avec lequel un accord de normalisation a été signé en 2020, le peuple marocain affiche une solidarité sans faille avec les Palestiniens, multipliant notamment les marches imposantes dans les rues de Rabat, Casablanca et les autres grandes villes du royaume. Des manifestations qui ont fini par agacer le roi Mohammed VI, puisque certaines d’entre elles ont été réprimées par la police.

En Occident, la guerre à Gaza divise les communautés et les corporations, comme c’est le cas parmi l’industrie du cinéma à Hollywood.

Le journal en ligne Le Desk a saisi l’occasion de la présence au Maroc d’acteurs et réalisateurs étrangers pour avoir leur avis sur ce qui se passe en Palestine.

Le journaliste chargé de la couverture a constaté que ceux qu’il a sollicités ne souhaitaient pas parler. « L’organisation a reçu instruction pour dissuader la presse nationale d’aborder la question en interviews sur demande du jury », écrit le journal marocain sur X.

Maroc : la guerre en Palestine indésirable au festival du film de Marrakech

Faute de rapporter des avis sur la situation au Moyen-Orient, le journaliste a réalisé un reportage plus qu’intéressant sur la gêne des stars dès qu’elles entendent le mot Palestine ou Gaza.

Le festival se tient dans « une ambiance particulière », souligne d’emblée l’auteur du reportage. Pas de tapis rouge ni de conférence de presse du jury.

Le célèbre réalisateur Martin Scorsese, un habitué, n’est pas venu cette année. Ceux qui sont présents sont très gênés lorsqu’il s’agit de parler de la Palestine.

On voit d’abord la présidente du jury Jessica Chastain empêchée de répondre par sa chargée de presse qui rappelle aux journalistes qu’on est là « pour parler de cinéma, du festival et rien d’autre ».

Puis c’est autour de l’acteur danois Mads Mikkelsen de refuser de parler de la situation au Moyen-Orient. « Pas aujourd’hui », répond-il. « Le mot d’ordre à Marrakech est d’éviter d’exposer les acteurs aux questions qui gênent », commente Le Desk.

Les organisateurs veillent au grain. L’actrice iranienne Zar Amir a été exfiltrée devant les caméras lorsqu’un journaliste lui a posé la question indésirable.

« Je pense qu’il n’y a rien qui pourrait parler de la question plus clairement et audacieusement que les films qu’on voit pendant le festival », a répondu pour sa part la réalisatrice américaine De Rees. La réalisatrice, engagée dans son pays dans le combat pour les droits des minorités, refuse d’aborder le sujet sur le tapis rouge.

« Ce n’est pas mon rôle », a répondu pour sa part la réalisatrice britannique Johanna Hogg lorsqu’il lui a été demandé de commenter la situation en Palestine. « Jamais de telles restrictions sont imposées aux médias », déplore Le Desk.

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