Politique

« Médiation » saoudienne avec le Maroc : l’Algérie dément (source)

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal Ben Farhan Ben Abdallah Al Saoud, était en visite jeudi 19 mai en Algérie, où il a été reçu notamment par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

La communication officielle algérienne a rendu compte de la teneur et de l’ordre du jour de la visite ainsi que le ministre saoudien qui a notamment indiqué dans une déclaration publique que son pays appuyait la candidature de l’Algérie au Conseil de sécurité de l’ONU comme membre non-permanent.

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Mais certaines parties ont tenté de présenter la visite du prince Fayçal comme entrant dans le cadre d’une médiation de l’Arabie saoudite entre l’Algérie et le Maroc, dont les relations diplomatiques sont rompues depuis août 2021.

Ce que dément formellement une source diplomatique algérienne, qui parle de « fake-news » et de « mythomanie » et assure que « les relations entre l’Algérie et le Maroc n’ont pas été évoquées au cours desdits entretiens ».

« Encore une fois, une ‘publication’ patronnée par les services d’un pays voisin vient de plonger dans son élément naturel, la mythomanie, à propos d’un ordre du jour fantaisiste qu’elle cherche insidieusement à accoler aux entretiens que le ministre des Affaires étrangères saoudien a eus avec les officiels algériens, dans une tentative désespérée visant à prendre en otage les relations bilatérales algéro-saoudiennes », dénonce la source algérienne dans une déclaration à TSA ce samedi 21 mai.

« En soutenant crânement que des efforts de médiation saoudiens ont fait l’objet de discussions entre les deux parties,  cette ‘publication’, qui n’est rien d’autre qu’un incubateur de fake-news, prend les désirs de ses commanditaires pour la réalité », ajoute-t-elle.

La source algérienne ne dément pas seulement la prétendue médiation saoudienne mais assure aussi qu’aucune initiative n’est sujette à discussion, rappelant que les raisons de la rupture des relations avec le Maroc « n’ont pas changé ».

« Non seulement, les relations entre l’Algérie et le Maroc n’ont pas été évoquées au cours desdits entretiens mais plus encore, la position officielle algérienne est on ne peut plus claire à propos de toute initiative de médiation quelle qu’en soit la nature : les raisons qui ont présidé à la décision de rupture des relations avec le Maroc n’ont pas changé et la position  de l’Algérie, à cet égard, ne changera pas non plus. De ce fait, aucune initiative n’est sujette à discussion car il s’agit d’une décision souveraine fondée et justifiée par la responsabilité pleine et entière  du Maroc dans la détérioration de nos relations bilatérales », tranche la source diplomatique algérienne.

« L’instrumentalisation des prétendues médiations est morte et enterrée »

Qualifiant de « fructueux » les entretiens menés avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, la source algérienne souligne que le spectre (de ces entretiens) est large, « compte tenu du dialogue stratégique ambitieux qui existe entre les deux pays qui ont, tous deux, un poids significatif dans la région et au sein des instances arabe, islamique et des non-alignés. Autre cadre de coopération et de consultation, l’OPEP constitue un volet important de la relation globale qui lie l’Algérie au Royaume d’Arabie saoudite ».

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Toujours à propos des relations algéro-saoudiennes, la source rappelle que leur potentiel est « substantiel » et les deux parties « ont à cœur de le faire évoluer et d’en exploiter toutes les possibilités en favorisant la tenue de rencontres régulières à haut niveau », annonçant au passage que le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman envisage d’effectuer une visite en Algérie.

Dans la perspective de la tenue du sommet arabe d’Alger (en novembre prochain), les deux pays coordonnent leurs positions « pour accroître l’efficacité du travail arabe commun pour faire face aux nombreux défis multiformes anciens et nouveaux (induits par les retombées de la confrontation entre la Russie et les pays occidentaux) qui confrontent le monde arabe », indique la source diplomatique, ajoutant que « le soutien de l’Arabie saoudite à la candidature de l’Algérie à un siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité se veut l’expression de cette confiance du Royaume qui estime que l’Algérie sera un acteur ‘incontournable’ dans le soutien à la stabilité et la sécurité régionale et internationale ».

« Tout cela pour dire que la fine équipe d’intrus récidivistes (déjà mouchés à propos de prétendues conditions posées par l’Algérie) qui veulent entrer par effraction par la fenêtre afin de préempter, pensent-ils, l’agenda de nos relations stratégiques avec l’Arabie saoudite, n’a qu’à trouver d’autres ficelles moins grosses. L’instrumentalisation de prétendues médiations, quelles qu’elles soient, est morte et enterrée et ils doivent en faire leur deuil. Définitivement », conclut la source diplomatique algérienne.

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