Société

Pain et huile de table : deux produits à nouveau sous tension

Les Algériens commencent l’année 2022 avec deux préoccupations: l’huile, qui est introuvable dans de nombreux commerces du pays, et le pain, dont le prix est au cœur d’une polémique depuis 48 heures.

La crise de l’huile : un effet boule de neige

Au printemps 2020, l’huile de table,  produit de première nécessité pour de nombreux algériens, a disparu des étals des magasins du pays. 

Une rumeur sur une pénurie supposée de ce produit subventionné par l’Etat,  a quelques semaines du ramadan, avait en effet poussé la population à acheter et à stocker des quantités importantes d’huile, provoquant, ainsi de fortes tensions sur disponibilité.

En ce début d’année 2022, même scénario.  Il est difficile de s’approvisionner en huile. Le produit est quasiment introuvable dans de nombreuses épiceries et commerces du pays.

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Interrogé à ce sujet par TSA, Mustapha Zebdi, président de l’Association algérienne de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (Apoce) affirme qu’« il n’y a aucun problème dans la production. »

 

« Pour nous, il n y a pas de pénurie. La capacité de production théorique de ce que nous avons comme potentiel est de 170%. Ce qui vous dire que nous avons largement ce dont nous avons besoin», a-t-il soutenu.

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Pour le président de l’Apoce, dans certaines régions,  ” il y a des problèmes de distribution et de vente”.  M. Zebdi ajoute qu’il, “y a une certains petits commerçants, qui pour cause de facturation,  évitent la vente de l’huile de table”.

Autre explication à cette crise de l’huile de table, “la vente concomitante de la part de certains producteurs”,  pointe le directeur de l’APOCE.

Selon lui, « cela a créé une polémique et une frustration chez le consommateur, et a provoqué un effet boule de neige ».

« L’huile de table est disponible chez les grossistes, le problème se situe au niveau des détaillants et dans le comportement du consommateur », a appuyé M. Zebdi.

Augmentation du prix du pain

Autre polémique: la hausse sauvage du prix du pain ordinaire, qui est subventionné par l’Etat.  De nombreux boulangers du pays ont lancé un appel à une augmentation du prix de la baguette ordinaire du pain à 15 DA, soit le double de son prix plafonné qui est de 7,5 dinars.  Selon eux, le prix de vente actuel du pain ne couvre pas leurs frais.

A Constantine, selon l’ENTV, 33 boulangeries ont appliqué, samedi  1er janvier, cette hausse de prix, d’une façon unilatérale, et sans autorisation puisque le prix du pain ordinaire est fixé à 7,5 dinars la baguette.

Un comportement dénoncé notamment par l’Union des commerçants et artisans (UGCAA) qui a appelé les boulangers à ” faire prévaloir l’intérêt public”. L’Apoce a jugé cette hausse de prix “illégale “.

« Cette attitude de faire augmenter le prix du pain d’une manière non réglementaire est un fait que nous condamnons et dénonçons”, a déclaré M. Zebdi.

Au sujet des revendications des boulangers de revoir à la hausse le prix du pain qui ne sont pas nouvelles, le président de l’Apoce leur apporte son soutien.  «  Nous sommes tout à fait d’accord avec les boulangers sur le fait de demander une marge honorable et nous les avons accompagnés depuis des années », a-t-il affirmé.

Zebdi rappelle que « le prix du pain règlementé remonte à 25 ans. « Le coût actuel d’une baguette de pain ordinaire,  avec un poids de 250 grammes, coûte plus que son prix de vente. Cela a poussé certains boulangers à réduire le poids de la baguette, ou à produire d’autres types de pain pour contourner la réglementation, étant donné que le pain spécial n’est pas réglementé. Ni les consommateurs, ni les boulangers ne sont gagnants dans cette affaire », a-t-il conclu.

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