Politique

Passé naval Algérie -Turquie : Attaf révèle ce que lui a dit Erdogan

Les relations entre l’Algérie et la Turquie traversent une lune de miel depuis l’élection du président Abdelmadjid Tebboune en décembre 2019. « C’est une vérité historique qu’il faut reconnaître », estime le chef de la diplomatie algérienne.

Outre leurs échanges commerciaux et leur partenariat économique dynamiques, Alger et Ankara ont aussi des positions convergentes vis-à-vis de nombreux dossiers internationaux, résume le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à l’issue de sa visite en Turquie.

Ahmed Attaf a été reçu à Ankara par le président turc Tayyip Erdogan et le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan.

À l’issue de cette visite, qui entre dans le cadre des préparatifs du prochain sommet entre les deux chefs d’État, le chef de la diplomatie algérienne s’est exprimé sur la chaîne de télévision TRT sur le prochain sommet entre Tebboune et Erdogan, l’état de la relation bilatérale et les perspectives de son développement, et certains dossiers internationaux.

Six milliards de dollars d’investissements turcs en Algérie

Ahmed Attaf a fourni quelques chiffres qui traduisent l’état de la relation économique entre les deux pays : 5 milliards de dollars d’échanges commerciaux avec l’objectif d’atteindre 10 milliards de dollars, six milliards de dollars d’investissements turcs en Algérie et 1.500 entreprises turques présentes en Algérie ayant permis la création de 30 000 emplois.

Des chiffres d’autant plus significatifs que ces échanges étaient quasiment insignifiants dans les années 1990, se limitant à la livraison de petites quantités de gaz algérien à la Turquie, rappelle Ahmed Attaf. « De ce point de vue, le partenariat est exemplaire », a jugé Ahmed Attaf qui a rappelé que les relations économiques entre l’Algérie et la Turquie étaient presque inexistantes au début des années 1990.

« Quand j’ai visite la Turquie en 1994 en tant que ministre des Affaires étrangères, le commerce entre l’Algérie et la Turquie était absent. Il n’y avait pas d’investissement. Le seul dossier économique qui était discuté entre les deux pays était l’approvisionnement de la Turquie en petites quantités de gaz algérien », a-t-il dit.

A propos du gaz, le ministre algérien a fait savoir que les deux pays sont en passe de renouveler leur contrat de livraison, les négociations étant à un stade très avancé. Outre l’énergie qui est un domaine stratégique de la coopération entre l’Algérie et la Turquie, Attaf a remarqué que le « plus grand complexe de textile en Afrique est turc et il est en Algérie ».

Une grande priorité est accordée à l’industrie, notamment à la sidérurgie, a-t-il encore fait savoir. Les opérateurs turcs s’intéressent aux grands projets algériens dans le secteur des mines, dont ceux de minerai de fer à Gara Djebilet et de phosphate à Tébessa, a-t-il détaillé.

Aux projets stratégiques actuels, d’autres peuvent s’ajouter, a affirmé Ahmed Attaf, révélant que lors de leur rencontre jeudi, le président turc a évoqué la possibilité d’un partenariat dans le secteur des constructions navales, rappelant que dans leur passé commun, la Turquie et l’Algérie avaient la flotte la plus puissante de toute la Méditerranée.

« Lors de ma rencontre hier avec le président Erdogan, il a proposé le projet de fabrication navale. Il a rappelé qu’historiquement, l’Algérie et la Turquie avaient la plus puissante force navale de Méditerranée », a raconté Ahmed Attaf.

Le partenariat touche également le secteur de la défense et les deux pays ont des positions convergentes sur nombre de questions internationales. L’Algérie et la Turquie sont chacune dans un environnement instable dans lequel elles constituent « un élément d’équilibre », a analysé Attaf.

Selon lui, la situation en Libye est le meilleur exemple de la convergence entre Alger et Ankara, les deux capitales soutenant le gouvernement d’union nationale et ayant la même vision pour une solution politique à la crise dans ce pays.

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