Politique

Présidentielle 2019 : le parti de Benflis « indigné par les agitations » des clientèles du pouvoir

Le parti d’Ali Benflis, Talaiou El Houriyet s’est dit samedi « indigné » par les « agitations des clientèles » du pouvoir, allusion au FLN et autres organisations ainsi que les deux chambres parlementaires qui ont appelé à un front populaire pour appuyer la candidature de Bouteflika pour un nouveau mandat.

Le bureau politique « s’indigne de l’agitation des clientèles du pouvoir et d’institutions officielles, dans la perspective de l’échéance 2019, en utilisant les moyens de l’État et en violation flagrante de la législation régissant les processus électoraux, qui pollue le champ politique, ajoute à la confusion, et masque la gravité de la crise globale dans laquelle s’enfonce notre pays », écrit le parti de Benflis dans un communiqué qui a sanctionné sa réunion mensuelle.

Talaiou El Houriyet relève un « contexte marqué par une opacité politique, un marasme économique et une rentrée sociale morose  tant le malaise est profond ».

Relevant que l’opposition subit le « harcèlement systématique du pouvoir politique et le verrouillage hermétique du champ politique et médiatique pour étouffer toute expression qui viendrait perturber la marche vers le maintien du statu quo qui assure la pérennité du régime politique (…)», le parti de Benflis dénonce, une fois de plus, à cet égard, les atteintes au droit de manifester pacifiquement et à la liberté d’expression et « condamne » le recours des autorités à des moyens et méthodes « peu honorables » pour empêcher le rassemblement pacifique que se proposait d’organiser le Mouvement El Mouwatana le samedi 8 septembre à Constantine, telles l’interpellation de dirigeants de partis politiques et d’associations agréés, la séquestration de responsables du Mouvement dans leur hôtel (…) ».

Selon ce parti, l’attitude du pouvoir politique donne la preuve que dans la réalité l’État d’urgence est toujours en vigueur malgré sa levée officielle, et que les marches et rassemblements sont interdites non seulement dans la capitale mais dans tout le pays.

« Les autorités ne lésinent pas sur les moyens pour empêcher l’opposition de s’exprimer. Dans sa détermination à faire taire les voix discordantes, le pouvoir politique ne s’embarrasse plus des formes, vis-à-vis de l’opinion publique », écrit Talaiou El Houriyet.

Par ailleurs, ce parti relève que « les réformes économiques et sociales aussi indispensables qu’urgentes ne sont pas à l’ordre du jour et le gouvernement ne fait rien pour engager l’économie nationale sur la voie de la diversification ».

« Pour le pouvoir politique en place, la seule préoccupation est le maintien du statu quo jusqu’à 2019 quel qu’en soit le coût économique à court, moyen et long termes, pour le pays , tablant sur le recours irresponsable à la planche à billets et probablement sur une hypothétique revalorisation des cours du pétrole et un recours forcé à l’endettement extérieur après épuisement des réserves de change ».

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