Politique

Transition démocratique : lancement d’une nouvelle initiative

Le choix de la date n’est pas fortuit. Ce 22 février 2022, troisième anniversaire du déclenchement du Hirak en Algérie, une nouvelle initiative pour la transition démocratique est lancée par plus d’une centaine de personnalités, acteurs du mouvement citoyen, militants de la société civile et intellectuels.

Les initiateurs ont rendu publique une « déclaration de principe pour la mobilisation démocratique ».

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« Fruit de nombreuses rencontres-débats tenues depuis 2019, cette proposition se veut une traduction des aspirations légitimes de la mobilisation citoyenne », lit-on dans la déclaration, qui souligne que l’arrêt des manifestations ne signifie pas l’échec du Hirak.

Les signataires rappellent que « le caractère pacifique du hirak invite au dialogue et à une solution politique » et c’est pourquoi, expliquent-ils, « cette Déclaration plaide pour une transition démocratique, indépendante et négociée qui réalise les revendications portées par le mouvement populaire ».

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« Apaisement »

La transition démocratique est d’autant plus nécessaire que « la situation socio-économique se dégrade dangereusement, que les institutions de l’État s’affaiblissent, que plus de 300 détenus d’opinion sont arbitrairement emprisonnés et que les libertés fondamentales connaissent un recul sans précédent », ajoute-t-on.

L’élaboration d’une telle solution ne doit pas se résumer à « de simples consultations », ou à « une énième manœuvre de coopération ».

Aussi, elle exige un apaisement du climat politique par « la libération immédiate et inconditionnelle des détenus d’opinion et leur réhabilitation pleine et entière », « l’arrêt des pratiques répressives et liberticides et la fin de l’instrumentalisation de la justice », « la suppression de toutes les normes juridiques liberticides notamment les dispositions relatives au terrorisme », et « la conformité de ces normes aux conventions internationales ».

La déclaration vise en outre à l’affirmation et à la promotion de certains principes dont celui de « la légitimité populaire et de l’État de droit démocratique et social », de « la voie pacifique » et le principe de « l’unité dans la pluralité ».

Parmi les premiers signataires figurent des universitaires comme Noureddine Melikechi, Nourredine Benissad, Slim Otmani, Zoubida Assoul, Lahaouri Addi, Nacer Djabi, Ismahan Ait Messaoud, Louisa Ait  Hamadouche, des avocats, dont Abdelghani Badi et Mostefa Bouchachi, des acteurs de la société civile et du Hirak, à l’image de Abdelouahab Fersaoui, Addad Hakim et Islam Benattia, des journalistes et des dizaines de personnalités d’horizons divers, comme l’oncologue Kamel Bouzid.

« La signature de cette Déclaration n’est pas synonyme d’adhésion immédiate à un futur Pacte démocratique dont le contenu sera débattu et élaboré ultérieurement », précise-on.

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