Économie

Un navire algérien bloqué en Pologne : la Cnan s’explique et accuse

Le navire “Saoura”, appartenant à la Compagnie nationale algérienne de navigation (CNAN Nord), a été retardé au niveau du port polonais de Gdansk suite à une opération de vérification de certificats, a indiqué mercredi la direction générale de la compagnie dans un communiqué.

Le navire a été retardé d’abord pendant une journée et demi après la fin de ses opérations commerciales vendredi dernier pour effectuer une visite sous-marine de la carène du navire Saoura, dans le cadre du planning de certification annuel du navire, selon le communiqué publié via l’agence officielle.

Mais après la fin de cette visite “ordinaire et programmée”, les autorités du port polonais de Gdansk ont décidé de bloquer le navire pour des raisons administratives en relation avec les certificats.

En effet, l’inspecteur du Port State Control du port de Gdansk a estimé que les certificats statutaires du navire, délivrés le 19 septembre 2019 après une visite d’inspection réglementaire par l’Administration maritime algérienne faite au port d’Oran, n’étaient pas conformes, “chose qui est dénuée de tout fondement”, explique la CNAN Nord.

La compagnie, après s’être assurée que “tout est en ordre”, a contacté la Direction de la marine marchande et des ports, la société de classification ainsi que les instances consulaires algériennes à Varsovie, afin d’intervenir et clarifier la situation concernant la conformité des certificats “qui ne souffrent d’aucune anomalie”.

Après avoir reçu les clarifications nécessaires, les autorités polonaises ont autorisé le navire Saoura à quitter le port de Gdansk le soir du lundi dernier, avec à bord 76 conteneurs de lait en poudre, soit 1.900 tonnes, à destination du port d’Anvers (Belgique) pour transporter un complément de marchandises dont 40 conteneurs de lait en poudre et autres types de marchandises pour le compte des opérateurs nationaux, dans le cadre des importations en FOB (sans frais à bord).

Sur ce point, la CNAN Nord précise qu’elle a déjà réalisé “avec succès” quatre voyages d’importations de lait en poudre pour le compte de l’Office national interprofessionnel du lait (ONIL), depuis novembre 2019 à destination des ports d’Alger et de Annaba.

En outre, la Cnan Nord, a qualifié d’ « erronées » les informations rapportées récemment par des médias et des réseaux sociaux, selon lesquelles le navire Saoura aurait été saisi au Port de Gdansk pour absence de certificats. Pour cette compagnie, ces informations visent « à discréditer les navires du pavillon national”.

Dans ce sens, la compagnie a pointé du doigt “des réseaux qui veulent défendre les intérêts des armateurs étrangers”. “La direction de la CNAN Nord déplore la campagne acharnée de dénigrement menée par certains cercles et réseaux contre les navires et la compagnie publique arborant le pavillon national depuis qu’elle a signé le contrat de transport maritime de la poudre de lait avec l’ONIL, dans le cadre des orientations du gouvernement visant à privilégier l’importation en mode FOB des marchandises, dont la poudre de lait”.

Ces importations étaient auparavant assurées par des armateurs étrangers “qui ont bénéficié de ce marché important pendant des années, et qui ont tissé autour d’eux une toile d’experts internationaux et nationaux protecteurs et défendeurs de leur précieux marché en CFR, qui aujourd’hui saisissent toute occasion pour pointer du doigt les navires de la compagnie nationale”, s’indigne la CNAN Nord.

Selon le communiqué, le marché du transport maritime du lait en Algérie représente un chiffre d’affaires annuel de 3,5 millions de dollars uniquement pour le secteur public, déboursé par les caisses de l’État algérien qui a décidé récemment de faire bénéficier l’armement national de ce marché avec un fret payable en dinars, soit une économie “substantielle” de devises pour le pays.

La CNAN Nord a assuré qu’aucun retard dans le programme de livraison du lait en poudre de l’ONIL n’a été accusé depuis la signature du contrat, et ce, malgré les contraintes rencontrées en raison notamment de “l’environnement économique national difficile”.

La compagnie a évoqué également “des embûches causées volontairement par l’ensemble des opérateurs et sous-traitants locaux en Pologne, plus habitués et familiers avec les armateurs étrangers qui assuraient auparavant ce service”.

Dès le début des négociations pour la mise en place de cette nouvelle route maritime par CNAN Nord, ces opérateurs locaux “n’ont pas affiché un grand enthousiasme à la venue des navires de la compagnie nationale sur ce marché monopolisé auparavant par des grandes compagnies maritimes internationales”, soutient la même source.

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