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Vidéo montrant un malade délaissé au CHU Mustapha : le témoignage de Narjess Asli

Vidéo montrant un malade délaissé au CHU Mustapha : le témoignage de Narjess Asli

La vidéo d’un vieux malade laissé dans un état lamentable dans les couloirs des urgences de l’hôpital Mustapha à Alger a ému la Toile. La vidéo, filmée mardi 19 aout, devenue virale en quelques heures, a valu à son auteure Narjess Asli d’être arrêtée par la police.

La direction de l’hôpital a déposé plainte pour « diffamation » et pour avoir « filmé dans un lieu public sans autorisation ». Pour TSA, Narjess Asli, livre son témoignage.

Tout a commencé quand des personnes ont contacté l’association « Le cœur sur la main » qui active dans l’humanitaire et dont Narjess est membre, pour lui signaler le cas du vieil homme.

Le président de l’association a alors chargé Narjess et sa collègue de s’enquérir de la situation de ce malade. « Ceux qui nous ont lancé l’alerte connaissent l’association et sa relation avec les sans-abris et les personnes en détresse. Moi et ma collègue nous nous sommes rendues à l’hôpital Mustapha. Sur place, nous avons fait le constat de l’état lamentable du vieil homme qui était en compagnie de son épouse », raconte Narjess.

L’épouse a alors informé les deux jeunes filles qu’elle et son mari attendaient sur place d’être pris en charge depuis 6 jours. En vain. « Elle a expliqué que de temps à autre on lui faisait des analyses de sang, sans aucune suite. C’est à ce moment-là que j’ai tourné le live-vidéo pour dénoncer l’absence de prise en charge », précise-t-elle.

Au même moment, Narjess et son amie décident de prendre attache avec la direction de l’hôpital. « Sur place, j’ai fait part aux trois agents présents à l’entrée mon souhait de dénoncer le cas du vieil homme. Je leur ai demandé ce que je devais faire. Ils m’ont alors orienté vers un responsable. Mais, une fois dans son bureau, il n’y avait personne », relate-t-elle.

Sans se décourager, les deux volontaires, constatent dans « dans le bureau d’en face il y avait trois personnes, deux femmes et un homme. » « À l’évidence des médecins. On leur a fait part de mon souhait de voir le responsable du service. Une des deux dames nous a alors informées qu’il était en congé, ensuite elle a posé des questions sur le motif de notre venue. Nous lui avons relaté le cas. Un des trois médecins nous a dit que le cas était désormais pris en charge et qu’une orthopédiste allait voir le patient », ajoute Narjess.

Rassurée, Narjess décide alors de supprimer la vidéo filmée auparavant pour dénoncer l’absence de prise en charge. Les deux membres de l’association sillonnent tous les services du CHU à la recherche de spécialistes.

« Au service d’urologie, la responsable a exigé une lettre émanant des services des urgences afin d’envoyer ses éléments au chevet du malade. Idem pour le service de dermatologie. Suite à notre pression, le vieux malade a été transféré en salle de déchoquage. Entre temps, nous sommes sorties acheter des couches pour Ammi Mohamed, et à notre retour nous avons constaté que le malade a été ramené à nouveau dans le couloir. Nous avons alors insisté pour qu’il soit remis dans la salle de déchoquage », relate Narjess.

Mais elle et son amie ne sont pas au bout de leurs peines. « En soirée, nous sommes revenues à l’hôpital pour apporter à manger à l’épouse d’Ammi Mohamed. À nouveau, nous l’avons retrouvé dans le couloir. C’est à ce moment-là que j’ai décidé d’enregistrer une nouvelle vidéo » qu’elle a diffusé en direct sur Facebook, dit-elle.

Vers 21h00, le président et la SG de l’association « Le cœur sur la main » prennent le relais et ont tout fait pour que le malade obtienne enfin son billet de salle.

Le lendemain, Narjess est de retour à l’hôpital munie de vêtements et de couches. Un médecidn l’a alors informée que pour le malade une radiographie est nécessaire. Malheureusement, elle n’a pu être réalisée. « Alors que j’étais assise au niveau des urgences, la police est venue m’arrêter », raconte Narjess.

Elle restera en détention deux jours avant qu’elle ne soit libérée, en attendant de passer devant un juge dans quelques jours. Mais la jeune dame souhaite que son « affaire » ne soit pas une un prétexte pour occulter le cas du vieux « Ammi Mohamed ».

Son objectif est de faire connaître le plus largement possible le cas de ce sans-abri pour qui une collecte est déjà lancée afin de l’aider à louer un appartement lui et son épouse. L’association « Le cœur sur la main » a reçu plusieurs appels de bienfaiteurs. Des cliniques privées ont également proposé de prendre en charge le malade.

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