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Condamnation de Fethi Ghares : les réactions de l’opposition

Condamnation de Fethi Ghares : les réactions de l’opposition

Le coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), Fethi Ghares, a été condamné ce dimanche 9 janvier à une peine de 2 ans de prison ferme et 100 000 dinars d’amende. Le verdict a suscité de nombreuses réactions d’indignation chez l’opposition.

L’homme politique a été jugé devant le tribunal de Bab El Oued (Alger) pour les accusations d’« atteinte à la personne du président de la République, outrage à corps constitué, diffusion de publications pouvant porter atteinte à l’intérêt national, diffusion d’informations pouvant porter atteinte à l’unité nationale et diffusion d’informations pouvant porter atteinte à l’ordre public ».

La condamnation d’un responsable de parti politique agréé est dénoncée par de nombreuses formations politiques de l’opposition.

Mohcine Belabbas, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), parle de « scandale politico-judiciaire ». « La condamnation de Fethi Ghares à deux années de prison ferme va renforcer la défiance du peuple algérien envers la justice de notre pays ».

Pour lui, « cette décision illustre l’instrumentalisation politique de la justice dont même les magistrats sont les victimes », considérant que la justice est « déjà largement malmenée par le placement de dizaines de citoyens innocents dans les geôles du pouvoir sans jugement à ce jour ».

Réagissant au verdict, le Front des forces socialistes (FFS) note « une régression terrible du climat des libertés individuelles et collectives dans notre pays depuis quelque temps ». Le parti fondé par feu Hocine Ait Ahmed dénonce le recours « méthodique » du pouvoir à « la criminalisation de l’action politique » dans le cadre d’une « stratégie autoritaire » qui s’exprime par « le harcèlement et les provocations sécuritaires et judiciaires à l’encontre des organisations politiques, associatives et syndicales », ainsi que les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes.

« L’approche sécuritaire aggravera la crise »

Le FFS réitère son exigence de cesser « immédiatement » ces pratiques « répressives » et met en garde contre l’aggravation de la crise par « la poursuite de la répression et l’adoption de l’approche sécuritaire dans le traitement des affaires politiques et publiques ».

Zoubida Assoul, présidente du l’Union pour le changement et le progrès (UCP), accuse pour sa part le pouvoir politique de chercher à « casser l’opposition ».

« La condamnation de Fethi Ghares à 2 ans de prison ferme est une preuve de l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir politique pour casser l’opposition, mais aussi un signe de la fragilité du système en place », écrit-elle sur les réseaux sociaux. L’UCP fait l’objet d’une procédure de dissolution judiciaire introduite par le ministère de l’Intérieur.

« Fethi Gherras est un militant politique, président d’un parti politique légal. Sa place n’est pas en prison », a estimé de son côté Zoheir Rouis, vice-président de Jil Jadid.

« Sa condamnation n’est pas digne du combat pour les libertés et l’Etat de droit auquel on aspire », ajoute-t-il.

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