Politique

Crise avec l’Espagne : le clin d’œil de Pedro Sanchez à l’Algérie

C’est un véritable clin d’œil que Pedro Sanchez vient de lancer à l’Algérie, avec laquelle l’Espagne est en crise ouverte depuis plus de cinq mois.

Si le président français Emmanuel Macron l’a fait et y a été bien reçu après une longue période de crise, pourquoi pas lui ? Le président du gouvernement espagnol veut imiter le président français en se rendant lui aussi en Algérie.

Les relations algéro-espagnoles sont à minima depuis le 18 mars dernier et le revirement historique sur le dossier du Sahara occidental du gouvernement espagnole qui a annoncé son soutien au plan d’autonomie marocain.

Depuis, l’Algérie a rappelé son ambassadeur à Madrid, suspendu le traité d’amitié et le commerce avec l’Espagne et donné la priorité à l’Italie dans l’augmentation des flux de gaz.

L’appel du pied du président du gouvernement espagnol survient justement au cours d’une réunion sur la question de l’énergie avec le chancelier allemand Olaf Scholz, à Merseburg (Allemagne).

« J’aimerais être celui qui ira en Algérie »

Les deux dirigeants ont été interrogés s’ils envisageaient de se rendre en Algérie comme l’ont fait le Premier ministre italien et le président français, et Sanchez a répondu : « J’aimerais être celui qui ira en Algérie ».

L’Algérie et la France ont traversé une grave crise à l’automne 2021, mais leur relation est revenue à la normale. La visite effectuée par Emmanuel Macron du 25 au 27 août a été qualifiée de très réussie. Les compagnies des deux pays ont entamé des négociations de contrats gaziers de long terme.

Le gouvernement espagnol est très critiqué en interne pour avoir provoqué une crise avec un partenaire important, grand fournisseur de gaz du pays, de surcroît dans une conjoncture de forte tension mondiale sur le gaz.

Le 23 août, une approche a été tentée indirectement par le biais du haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, Josep Borrell, qui a évoqué le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Pour de nombreux observateurs, Borrell a agi pour le compte du gouvernement socialiste espagnol dont il a fait partie par le passé en tant que ministre des Affaires étrangères.

Mais le haut représentant européen est revenu sur ses propos dès le lendemain, selon la presse espagnole, à la suite de pressions marocaines. Pour les mêmes raisons, le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares a réitéré le même jour l’appui de son pays au plan d’autonomie marocain.

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