Politique

Crise entre l’Algérie et l’Espagne : l’Union européenne réagit

Les évènements s’accélèrent dans la crise entre l’Algérie et l’Espagne. Au lendemain de la décision d’Alger de suspendre le traité d’amitié avec Madrid, l’Union européenne s’est exprimée sur la brouille en cours.

Mercredi 8 juin, la présidence de la République algérienne a annoncé la suspension du traité vieux de 20 ans, en réaction à l’insistance du gouvernement espagnol à défendre sa nouvelle position sur le Sahara occidental.

Le 18 mars dernier, le gouvernement de Pedro Sanchez avait annoncé par le biais du cabinet royal marocain son soutien au plan d’autonomie marocain, jugé « sérieux et crédible », ce qui constituait un revirement spectaculaire dans la position de l’Espagne, ancienne puissance occupante du territoire.

« Les autorités espagnoles se sont engagées dans une campagne tendant à justifier la position qu’elles ont adoptée sur le Sahara Occidental en violation de leurs obligations juridique, morale et politique de puissance administrante du territoire qui pèsent sur le Royaume d’Espagne jusqu’à ce que la décolonisation du Sahara Occidental soit déclarée accomplie par les Nations Unies », a expliqué la présidence de la République dans son communiqué de mercredi, juste après le passage de Pedro Sanchez devant le parlement de son pays où il a de nouveau défendu son revirement.

Toujours dans la journée de mercredi, l’Algérie a également acté la suspension du commerce extérieur non gazier avec l’Espagne, les banques algériennes étant instruites de ne plus domicilier les opérations d’importation et d’exportation de et vers ce pays.

Bruxelles « extrêmement préoccupée »

La réaction de l’Union européenne, dont fait partie l’Espagne, est tombée ce jeudi 9 juin. Nabila Massrali, porte-parole des affaires étrangères de l’UE, a indiqué que Bruxelles était « extrêmement préoccupée » par la situation.

« Nous demandons à la partie algérienne de revoir cette décision », a-t-elle déclaré, exhortant l’Algérie et l’Espagne à travailler par la voie diplomatique pour résoudre le différend.

Dans la matinée, le ministre espagnol des Affaires étrangères espagnols a indiqué que son gouvernement  préparait une « réponse adéquate, sereine et constructive, mais ferme, pour la défense des intérêts espagnols et des entreprises espagnoles », ajoutant que les implications et la portée pratique du gel des échanges avec l’Espagne au niveau national et européen sont en cours d’analyse.

José Albares a fait savoir que la volonté du gouvernement de son pays est de maintenir les meilleures relations avec l’Algérie, comme avec les autres pays voisins, sur la base des principes de l’accord d’amitié et qui sont le respect de la souveraineté, la non-ingérence dans les affaires intérieures et la coopération dans l’intérêt mutuel des deux peuples, selon le journal espagnol El Pais.

Le même journal, qui cite des sources gouvernementales, a rapporté que le gouvernement espagnol estime que les représailles commerciales d’Alger violent les accords de l’Algérie avec l’Union européenne.

L’Algérie est liée à l’Union européenne par un accord d’association signé en 2002 et entré en vigueur en 2005.

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