Politique

De Mistura à Alger : ce que Belani lui a dit sur le Sahara occidental

Après Rabat jeudi et vendredi, les camps de réfugiés sahraouis samedi et dimanche et Nouakchott mardi, Staffan de Mistura est arrivé ce mercredi 19 janvier en Algérie, dernière étape de sa première tournée dans la région.

A Alger, l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations-Unies pour le Sahara occidental a eu des entretiens avec Amar Belani, l’Envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb au ministère algérien des Affaires étrangères.

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Lors de cette réunion, De Mistura a « présenté, en termes généraux, les contours de son mandat visant à relancer le processus politique » qui « se trouve dans l’impasse en raison de l’intransigeance de la partie marocaine qui ne cesse de multiplier les entraves et les conditions rédhibitoires en vue de perpétuer le fait accompli colonial », a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

La délégation algérienne a rappelé à De Mistura le « contexte de guerre » dans lequel se déroule sa mission dans la région, et ce suite à la « rupture du cessez-le-feu par la puissance occupante marocaine ». Cette dernière, ajoute le communiqué a « violé, de manière flagrante, les accords militaires en occupant, le 13 novembre 2020, la zone tampon démilitarisée de Guerguerat ».

Après ce rappel, la délégation algérienne a réaffirmé la position de « principe » de l’Algérie sur le conflit au Sahara occidental, « aussi bien sur la question de fond que sur les aspects liés au format ».

Selon le communiqué, la délégation algérienne a insisté sur trois points. Le premier est de « d’engager, lorsque les conditions seront réunies, de négociations directes, de bonne foi et surtout sans conditions préalables entre les deux parties au conflit, c’est-à-dire le Front Polisario et le Maroc ».

Négociations directes

La délégation algérienne a rappelé que le Maroc et le Polisario sont « identifiés en tant que tels » dans les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Elle a rappelé aussi que dans cet « esprit, les chefs d’Etat et de gouvernement du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine ont appelé, le 9 mars 2021, les deux Etats membres, le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique, à engager des pourparlers directs et francs et sans aucune condition préalable conformément à l’article 4 de l’acte constitutif de l’Union africaine. »

Le deuxième point posé par l’Algérie est de « réactiver » et de « revitaliser le plan de règlement conjoint de 1991 (ONU-OUA), en tant que seul accord accepté par les deux parties au conflit et endossé, à deux reprises, par le Conseil de sécurité. »

« Enfin, et quels que soient les processus envisagés, de prendre en compte l’impératif incontournable du libre exercice par le peuple sahraoui de son droit imprescriptible à l’autodétermination », a ajouté le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères, en rappelant que « ceci est conforme au droit international et à la doctrine des Nations Unies s’agissant d’un territoire qui reste à décoloniser et dont le statut reste à déterminer sous les auspices et la responsabilité politique et morale des Nations Unies. »

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