Politique

FFS : l’Algérie est « enlisée dans un statu quo politique mortel »

Le secrétaire national du FFS, Youcef Aouchiche, a présidé, samedi 30 juillet à Constantine, une rencontre régionale des fédérations du parti de la région est du pays.

A l’occasion, Youcef Aouchiche a prononcé un discours dans lequel il a évoqué les multiples défis régionaux et internationaux auxquels fait face l’Algérie.

Il a aussi évoqué le climat politique interne et les solutions pour sortir de la « crise multidimensionnelle » dans laquelle se débat le pays.

D’emblée, le secrétaire national du parti estime que la consolidation du front intérieur n’est pas réalisable alors que persiste la fermeture des espaces politique et médiatique et en l’absence de mesures d’apaisement tangibles.

Cela alors que l’actualité régionale et internationale fait peser des défis importants à l’Algérie.

« Il n’est pas possible de faire face à ces défis colossaux alors que notre pays est enlisé dans un statu quo politique mortel ».

Pour lui, ce statu quo “empêche l’avènement d’un projet national à même de fédérer autour de lui les Algériennes et les Algériens afin de concrétiser leurs aspirations qu’ils ont exprimées depuis des décennies et qu’ils ont confirmées lors de la révolution du 22 février 2019 », a développé M. Aouchiche.

Et d’ajouter : « On ne peut parler d’un front intérieur compact alors que persiste, directement ou indirectement, la fermeture des espaces politique et médiatique. D’un autre côté, on privilégie les visions uniques et on préfère les politiques du passage en force ».

Et M. Aouchiche de s’interroger : « Comment peut-on parler de la nécessité de consolider le front interne alors que, parallèlement, on interdit toutes les formes d’encadrement véritable et d’organisation libre de la société ? »

« Plus que cela, on institue une armada de lois inhibitrices de toutes les libertés fondamentales, destructrices de l’esprit d’initiative populaire et enfreignant les droits », lance-t-il.

« Les politiques pour acheter la paix sociale ne seront d’aucune utilité »

Le contexte social difficile pour les Algériens est un autre sujet de préoccupation pour le FFS.

« Aujourd’hui, les crises sociale et économique sont visibles pour tout le monde et empirent chaque jour.  Même le bond des cours du pétrole n’a pas épargné leurs effets », a affirmé Aouchiche.

Le chef du FFS a ajouté qu’à l’approche de la rentrée sociale et scolaire, « le citoyen algérien qui n’en peut plus de la répétition des scénarios du passé, subit l’érosion inquiétante de son pouvoir d’achat et n’arrive plus à assurer son pain quotidien face à la hausse record des prix et des indices de l’inflation, ainsi que la fragilisation endémique des salaires ».

« Tous ces facteurs, relève le numéro un du  FFS, ont accentué le mal-être du citoyen poussé chaque jour un peu plus vers désespoir, de manque de confiance, vers l’extrémisme et l’explosion ».

Et au patron du FFS de prévenir que « les politiques pour acheter la paix sociale ne seront d’aucune utilité, comme elles n’ont pas été efficaces par le passé ».

Selon M. Aouchiche, les défis qui cernent l’Algerie exigent un consensus national de toutes les forces vives de la nation, à travers « un dialogue national consensuel et rassembleur sur une feuille de route aux contours clairs afin de sortir de la crise multidimensionnelle dans laquelle patauge le pays ».

« Une responsabilité de tous mais qui incombe au pouvoir en premier lieu », a estimé le secrétaire national du FFS.

Selon M. Aouchiche, le dialogue auquel appelle le FFS doit être précédé de « mesures d’apaisement concrètes, tangibles » et ce à même de « redonner de la confiance et de l’espoir ».

Le secrétaire national du FFS appelle à la mobilisation des militants en précision de l’organisation du 6e Congrès national ordinaire du parti les 29, 30 septembre et le 1er octobre 2022.

Youcef Aouchiche annonce qu’une série de rencontres avec la base aura lieu dans les prochains jours afin d’expliciter la feuille de route du parti et permettre aux militants d’apporter leurs contributions en vue de la tenue du congrès.

Les plus lus