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Guerre Israël – Palestine : l’Occident accusé de complicité d’épuration ethnique

L’agression israélienne contre la bande de Gaza est en train de tourner au génocide et à l’épuration ethnique. En 40 jours de bombardements intensifs sur la prison à ciel ouverte que représente l’enclave palestinienne, l’armée israélienne a fait plus de 12 000 morts, dont plus de 5000 enfants.

De plus en plus de voix désignent l’Occident comme le complice d’une vaste opération d’épuration ethnique.

Le spectre du « grand remplacement » contre lequel met en garde une partie de l’extrême-droite française est peut-être ailleurs. En Palestine précisément où l’opération déclenchée par Israël, officiellement pour déloger le mouvement Hamas de la bande de Gaza, se révèle chaque jour davantage comme une étape d’un plan visant à chasser les Palestiniens de ce qu’il leur reste comme terre.

Cela ne relève plus de la théorie du complot mais d’une thèse développée par des politiques, politologues et diplomates sérieux sur la base d’éléments vérifiables.

Un document des services secrets israéliens, qui a fuité récemment dans les médias, confirme l’existence d’un tel plan.

Au tout début de son offensive terrestre, l’armée israélienne a invité les habitants de la partie nord de la bande de Gaza à se déplacer vers le sud de l’enclave. Israël a détruit le nord de l’enclave palestinienne pour empêcher le retour des civils dans cette zone, avant de s’attaquer ensuite au sud de Gaza, toujours au nom de la lutte contre le Hamas.

Cette lutte soutenue par l’Occident vise à rendre Gaza inhabitable, en démolissant ses habitations et ses infrastructures, pour rendre irréversible le départ de ses habitants.

Un ministre israélien est allé jusqu’à demander aux pays européens d’accueillir les Palestiniens puisqu’ils ont accueilli les migrants du monde entier.

« Le nord de Gaza qui est plus beau que jamais », s’est réjoui après les bombardements et le départ de la majorité de la population, l’extrémiste Amichai Eliyahu, ministre du Patrimoine issu du parti d’extrême-droite Force juive. C’est ce personnage qui, le 4 novembre, estimait que le largage d’une bombe atomique sur l’enclave était envisageable.

L’idée de vider l’enclave de sa population pour l’installer « momentanément » dans le Sinaï égyptien a même été évoquée très sérieusement et son rejet ferme par l’Égypte a mis dans tous leurs états les autres figures de droite religieuse du gouvernement, Itamar Ben Gvir et  Bezalel Smotrich notamment. Ces deux ministres se réclament ouvertement comme des suprématistes juifs.

Guerre Israël – Palestine : l’Occident complice d’une grave machination

C’est à un gouvernement israélien raciste, religieux, suprématiste et expansionniste que l’Occident apporte un soutien inconditionnel au nom de la lutte contre « le terrorisme » et « l’extrémisme religieux » du Hamas Palestinien.

Comme si la rhétorique du gouvernement israélien et ses actes sur le terrain ne suffisaient pas pour convaincre que quelque chose de grave se trame au Moyen-Orient, de nombreux porte-voix de la propagande israélienne en Europe ne se sont pas embarrassés de précautions pour assumer que la guerre en cours a des visées expansionnistes et eschatologiques.

En France, où le soutien officiel à Israël commence sérieusement à diviser, le député pro-israélien Meyer Habib, sur tous les fronts depuis le début de la guerre, a signifié au diplomate Gérard Araud que la Cisjordanie est une terre d’Israël depuis toujours et que la présence de colons ne s’apparente donc pas à de la colonisation. « Un Français peut être un colon en Algérie, au Togo, un Britannique en Rhodésie mais un juif ne sera jamais un colon en Judée », a-t-il clamé.

Gérard Araud, ancien ambassadeur de France en Israël et aux États-Unis, venait d’évoquer devant les députés l’autre phase du plan israélien : l’épuration ethnique en Cisjordanie.

Dans la bouche d’un diplomate, de tels mots sont très lourds de sens. Gérard Araud a rappelé que 175 Palestiniens ont été tués ces deux derniers mois en Cisjordanie où les colons disent ouvertement : « Cette terre m’a été donnée par Dieu et il est hors de question que j’y renonce. »

C’est la solution à deux Etats, si chère à l’Occident du moins dans les déclarations publiques de ses responsables, qui devient jour après jour illusoire et les grandes puissances d’Europe et d’Amérique se rendent complices d’un tel plan dangereux, doublé d’actes qui cochent toutes les cases du génocide ethnique.

Des ambassadeurs français en poste au Moyen-Orient qui ont écrit la semaine passée au président Emmanuel Macron, ont souligné ces accusations de « complicité de génocide » qui accablent leur pays.

Du deux poids, deux mesures, soulevé au début du conflit en comparaison avec l’indignation occidentale devant la guerre en Ukraine, les griefs contre l’Occident sont désormais plus graves.

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