Politique

Jeune lynché à mort en Kabylie : le RCD condamne et pose des questions

Le lynchage à mort d’un jeune volontaire de Miliani par une foule déchaînée mercredi 11 août à Larbâa Nath Irathen sur les hauteurs de Tiz-Ouzou continue de susciter des condamnations en Algérie.

Ce vendredi, le Rassemblement pour la culture et la Démocratie (RCD) a réagi à son tour en estimant qu’« aucune raison, absolument aucune, ne peut justifier la mise à mort d’un homme. »

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« Une bande de forcenés »

« Le jeune Djamel Bensmail a été lynché à mort et brûlé en public par une bande de forcenés.  Un crime exécrable qui a provoqué un traumatisme national », a écrit le RCD dans un communiqué publié ce vendredi 13 août.

 Le RCD salue la « dignité, malgré la douleur, de la famille du défunt et les assure de sa solidarité agissante. »

Tout en condamnant un crime commis par une bande de forcenés dans une région ravagée et endeuillée par les incendies, le RCD ne manque pas de poser plusieurs questions.

D’abord, il critique le communiqué du parquet de Larbaâ Nath Irathen qui a annoncé l’ouverture d’une enquête sur cette affaire qui a choqué les Algériens.

« L’annonce de l’ouverture d’une enquête est une décision attendue. Cependant, le contenu du communiqué du procureur de la République près le tribunal de Larbaâ Nath Irathen pose problème ; il entérine des faits non avérés et disculpe les services de sécurité de toute responsabilité, ce qui est une aberration à ce stade de l’enquête », a critiqué le RCD

Le parti qui est bien implanté en Kabylie revient sur le climat de tension qui régnait dans la région avant le drame.

« Des jours durant et plus particulièrement la matinée du jour du drame, des rumeurs colportées à grande échelle faisaient état de la présence de voitures sans immatriculations qui sillonnent les routes transportant des équipes d’incendiaires. Le climat de tension que suscitent ces intenses rumeurs ne pouvait échapper aux services de sécurité », a relaté le RCD.

Le RCD reproche ensuite aux autorités d’avoir crié tôt aux pyromanes, tout en les accusant d’avoir mis de l’huile sur le feu.

« Alors que le phénomène des méga feux, conséquence d’une aggravation des phénomènes climatiques, ne cesse de redoubler d’intensité dans les pays du pourtour méditerranéen, en Algérie, les officiels et à leur tête le chef de l’Etat, comme pour ajouter de l’huile sur le feu, mettent en avant l’existence de bandes criminelles qui voudraient, par ces actes, déstabiliser le pays. Une thèse qui donne du crédit aux folles rumeurs citées plus haut ».

« Ces questions ne peuvent être éludées »

Le RCD enchaîne en posant plusieurs questions qui selon lui « ne peuvent être éludées. »

« Comment l’afflux de citoyens de toutes les régions du pays vers la ville de Larbaâ Nath Irathen n’a pas été suivi d’un renfort des services de sécurité pour prévenir des débordements ou des actes malveillants somme toute prévisibles ? »

« Qui a désigné Djamel et ses camarades comme suspects ? La police ou des individus non identifiés. ? Il n’y avait pourtant pas de flagrant délit. »

« Pourquoi devant la foule hystérisée qui grossissait au fur et à mesure du déplacement du fourgon de police transportant les présumés coupables, la police n’a pas jugé utile de mettre à l’abri les présumés suspects et a choisi de se diriger tout droit vers l’étroite place du siège de la sûreté urbaine ? »

Ou encore : « Pourquoi la police n’a pas usé de tous les moyens y compris des tirs de sommation pour disperser la foule devant l’imminence du danger ? »

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