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Les raisons de la hausse inédite des prix des fournitures scolaires en Algérie

Les raisons de la hausse inédite des prix des fournitures scolaires en Algérie

La rentrée scolaire 2022/2023 s’annonce difficile pour les parents d’élèves.

Une hausse importante des prix des fournitures scolaires est constatée sur les différents articles, selon les associations des consommateurs.

A Echourouk News, Sofiane Louassa, de la Fédération algérienne de protection du consommateur Himayatec, a déclaré que les hausses des prix de gros de certains articles scolaires ont atteint 150%.

Il cite des exemples comme le cahier de 32 pages dont le prix de gros est passé de 18 DA à 28DA, le cahier de 96 pages a vu son prix bondir de 32 DA à 80 DA.

« Les fournitures scolaires ont connu des hausses de prix sans précédent », s’alarme l’acteur associatif, qui avance quelques raisons.

En premier lieu, il évoque le retard dans l’octroi des licences d’importation des articles scolaires.

« Ces licences sont censées être octroyées 6 mois ou plus avant le début de l’opération d’importation », affirme Louassa ajoutant qu’une fois la licence octroyée, commence la préparation de la commande qui peut durer encore des mois.

 S’ensuit le transport de ces marchandises qui peut prendre un mois ou plus quand on sait qu’une bonne part des fournitures scolaires provient de Chine.

Ce retard dans l’octroi des licences est une des causes de la hausse des prix des fournitures, a lancé M. Louassa qui pointe aussi la faiblesse de la production nationale.

« Avons-nous en Algérie des fabricants de crayons de couleur, de crayons noirs, de stylos et d’ardoises, etc. ? Je ne parle pas de la fabrication des cartables qui est une opération facile et que tout atelier peut faire », signale-t-il.

Le responsable de la communication de Himayatec parle d’un budget pouvant tripler selon la qualité des fournitures scolaires.

 « Un cartable de bonne qualité peut atteindre 12 000 DA », indique-t-il, à titre d’exemple.

M. Louassa s’interroge sur le rôle des autorités concernées, notamment le ministère du Commerce.

À un mois et demi environ de la prochaine rentrée, l’inquiétude gagne aussi l’Association de protection et d’orientation du consommateur (APOCE), qui fait part de nombreuses plaintes reçues à propos des hausses des fournitures scolaires.

L’Apoce s’inquiète des conséquences de ces hausses importantes sur les familles aux revenus modestes tout en s’interrogeant comment celles-ci vont faire face aux dépenses de la rentrée scolaire.

L’association tient acte des changements intervenus sur la scène mondiale, notamment la crise du Covid-19 qui a donné un coup d’arrêt à l’économie mondiale ainsi que l’augmentation des matières premières sur les bourses mondiales, à l’instar de la pâte à papier dont la hausse de prix a dépassé le seuil de 80%.

A ces deux facteurs s’ajoute un troisième : le renchérissement des coûts de fret maritime.

Des hausses de 300%

Tous ces facteurs, poursuit l’Apoce, ont eu des retombées sur le marché algérien où les hausses, pour certaines fournitures, ont atteint les 300%.

Une hausse qui trouve aussi une explication dans l’arrêt des activités de certaines unités à cause du manque des matières premières ou du fait de leur cherté.

L’Apoce pointe en outre certains autres facteurs comme le monopole exercé par certains opérateurs, ou encore le retard pris dans l’octroi des licences d’importation.

« Toutes ces raisons sont annonciatrices d’une crise sur le marché à la veille de la rentrée », alerte l’Apoce.

L’association propose d’augmenter l’allocation scolaire en tenant compte des hausses des prix et aussi de la dégringolade du pouvoir d’achat des ménages.

Elle suggère aussi de diminuer le nombre de cahiers par élève.

Elle appelle à combattre les pratiques monopolistiques à travers un plafonnement des prix, à rapprocher les points de vente des citoyens notamment dans les régions éloignées en organisant des ventes dans les écoles.

Enfin, l’APOCE lance un appel en vue d’encourager la production nationale.

Dimanche, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a annoncé la prochaine mise en place de marchés de proximité, dits de la rahma, censés assurer la disponibilité des fournitures et une tarification appropriée.

Mais ce choix a été critiqué par l’association Himayatec qui y voit une incapacité du département de Rezig à juguler cette hausse des prix.

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