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PLF2019 : l’opposition critique sévèrement le gouvernement

PLF2019 : l’opposition critique sévèrement le gouvernement

Le projet de loi de finance 2019 a été présenté à l’APN, ce dimanche 11 novembre, par le ministre des Finances Abderrahmane Raouya. A l’exception du FFS qui a boycotté la plénière pour protester contre la destitution de l’ancien président de l’APN Said Bouhadja, les autres partis de l’opposition ont pris part aux débats, qui vont dérouler durant deux jours seulement.

Le PLF 2019 « s’inscrit dans la continuité des efforts consentis par l’État dans le but d’alléger les effets négatifs de la diminution des ressources financières sur l’économie nationale, et ce dans un contexte marqué par des tensions sur l’équilibre financier interne et externe du pays, en raison de la baisse des cours du pétrole», a soutenu Raouya. Cette introduction a été suivie d’un bilan chiffré des prévisions du gouvernement pour la période 2019-2021.

Durant cette période, le déficit de la balance des paiements devrait passer de 17.2 milliards USD en 2019, à 14.2 milliards USD en 2020, puis 14 milliards de dollars en 2021, selon la même source.

« Ce recul conduira à une contraction des réserves de change à 62 milliards USD en 2019, puis 47,8 milliards USD en 2020 et 33.8 milliards USD en 2021 », a précisé le ministre.

A moyen terme, la croissance économique augmentera à 3,4% en 2020 et 3,2% en 2021 avec une moyenne de croissance hors hydrocarbure de 3,1% en 2020-2021.

Le projet de loi prévoit également une hausse du volume des exportations des hydrocarbures de 4,2% en 2020 avec des recettes estimées à 34,5 milliards dollars et de 2% en 2021 avec 35,2 milliards USD de recettes.

M. Raouya a évoqué aussi le recul de l’importation des marchandises à 44 milliards de dollars en 2019, 42.9 milliards de dollars en 2020, et 41.8 milliards de dollars en 2021.

Le ministre a souligné le ralentissement du déficit de la balance commerciale pour passer «de 10.4 milliards de dollars en 2019 à 8.2 milliards de dollars en 2020 et 6.4 milliards de dollars en 2021 ».

« Ce recul va impacter les réserves de changes qui passeront de 62 milliards USD en 2019 à 33,8 milliards USD en 2021», a-t-il souligné.

L’ombre de Bouhadja

Même si aucune décision n’a été prise par leurs partis respectifs, plusieurs députés de l’opposition ont choisi de ne pas intervenir. La séance du matin a été d’ailleurs marquée par les interventions de la majorité parlementaire FLN, RND qui a exprimé un soutien, sans ambages, au président de la république.

C’est le cas d’Abdelhamid Si Affif, député FLN qui, après avoir félicité le nouveau président de l’APN Moad Bouchareb, a mis en avant «la décision du président de soutenir les couches sociales les plus défavorable à travers le maintien à un niveau élevé des transferts sociaux», sans omettre de rappeler « la relance des projets gelés».

Mustapha Nassi, du même parti, a fait remarquer que «les résultats positifs» de l’économie nationale étaient dus aux « orientations données au gouvernement » par le président de la république.

Les députés du RND ont défendu leur chef Ahmed Ouyahia, le Premier ministre.

Guidji Mohamed, a raillé «les voix pessimistes et alarmistes qui s’étaient élevées contre l’application de la planche à billets prétextant le risque inflationniste».

«Contrairement aux prévisions de ces parties, l’économie nationale se porte mieux. Une bonne santé confirmée par le PLF 2019», a-t-il dit.

Par ailleurs, Nadia Chouitem du PT s’est montré très critique envers le gouvernement. «Pour certains secteurs, notamment la santé, nous assistons carrément au retour au moyen âge et ce à cause de l’austérité», a-t-elle dénoncé.

Pour la députée du parti de Louisa Hanoune, le gouvernement a instauré «un climat favorable à la violence». «C’est votre politique qui constitue la vrai menace à la stabilité du pays», a-t-elle accusé.

Le député islamiste Hassan Laribi a, de sa part, tiré à boulet rouge contre le Ouyahia qu’il a accusé notamment «de mener, d’une manière anarchique, une politique pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures», et «de vouloir endosser aux peuples les échecs du gouvernement».

Pire, Laribi a reproché à Ouyahia de mentir aux algériens sur la situation économique du pays et l’a accusé d’avoir mené « dans le passé, une campagne contre les cadres de l’État».

Fatima Said du MSP, a rappelé que «depuis le début de la crise économique en 2014, le gouvernement a promulgué 5 projets de loi de finances, sans pour autant prévoir des reformes structurelles».

«Les gouvernement successifs ont opté pour la facilité et les solutions conjoncturelles», a-t-elle déploré.

Les débats vont se poursuivre demain lundi. Le projet de loi de finances sera soumis à l’adoption des députés le 15 novembre.

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