Politique

Tebboune lance un « dernier appel » aux barons de l’informel

Les réserves de change de l’Algérie ont franchi la barre des 60 milliards de dollars alors que la croissance économique a enregistré un taux de 4,1% en 2022 et devrait atteindre 5% en 2023, a déclaré ce jeudi 19 janvier le président Abdelmadjid Tebboune.

Dans son allocution à l’ouverture des travaux de la réunion gouvernement-walis, au Palais des nations (Alger), Abdelmadjid Tebboune a évoqué les « indicateurs et les résultats positifs » obtenus au cours des trois dernières années, grâce à la stratégie de développement mise en place et à “la participation des walis dans la résolution des problèmes qui entravaient les entreprises, pour des raisons bureaucratiques ou des vides juridiques”, selon le compte rendu de l’agence officielle APS.

Parmi ces résultats ayant permis la création d'”une dynamique économique et sociale claire” en Algérie, le président de la République a cité “la réduction de la facture d’importation à 36 milliards – 38 milliards de dollars contre 63 milliards de dollars par an par le passé à cause des surfacturations et de la dilapidation des deniers publics”.

“Nous avons réussi à réduire l’importation sans priver le citoyen” des différents besoins, a souligné le Président Tebboune assurant qu'”il n’y a plus d’importation déguisée”.

L’assainissement des importations “se poursuit car il y a encore des importations exagérées”, a-t-il dit, rappelant que l’économie se construit sur la base de la production et non de l’importation.

Parmi les autres « résultats positifs » concrétisés sur le plan économique, le président de la République a cité l’augmentation des exportations hors hydrocarbures.

“Nous avons pu, pour la première fois, augmenter les exportations de 1,7 milliard de dollars en 2019 à 5 milliards de dollars en 2021 puis à 7 milliards de dollars en 2022, soit une hausse annuelle de 30%”, a-t-il précisé.

Le Président Tebboune a, par ailleurs, mis en exergue les bases de la nouvelle gouvernance qui seront consolidées à travers la diversification des sources de financement et l’amélioration des méthodes de gestion.

Grâce aux efforts des walis, “entre 600 et 700 micro, petites, moyennes et grandes unités économiques ont été créées en peu de temps, contribuant au développement local”, a ajouté le président de la République, appelant les walis à “se libérer de l’hésitation” et à “faire preuve d’esprit d’initiative et d’audace”, d’autant que cette étape est “celle des défis stratégiques de la sécurité énergétique, alimentaire et hydrique”.

“Les méthodes de gestion n’étant pas figées, vous n’avez pas à attendre les instructions centrales”, a lancé le Président Tebboune aux walis.

Selon lui, le wali s’apparente à un “chef du gouvernement dans sa wilaya”.

Le Président Tebboune a affirmé que l’année 2023 sera “marquée par l’accélération de la réalisation des projets et le renforcement des acquis”, ajoutant qu’elle sera également “celle de l’amélioration des conditions de vie du citoyen qui demeure en tête de nos priorités et du service public, de la récupération du foncier et de la valorisation du foncier agricole, en encourageant la création d’entreprises et d’emplois”.

De plus, l’année 2023 sera celle de “l’efficacité, de l’amélioration du niveau de vie et du pouvoir d’achat, et de la réduction de l’inflation”, a-t-il souligné ajoutant que l’Etat œuvre à protéger le citoyen contre les répercussions économiques mondiales.

Le président de la République a, par ailleurs, reconnu que les salaires étaient “insuffisants”, affirmant que “le seuil des salaires sera augmenté pour atteindre 47% fin 2023 et début 2024”.

Il a rappelé que l’année en cours verra le lancement de la première usine algérienne de production de sucre, et la première production nationale de l’huile de table (100% algérienne) “sous la protection de l’Etat et de la loi”.

Concernant les fonds thésaurisés en dehors des banques, M. Tebboune a appelé leurs détenteurs à les déposer rapidement auprès des banques. Il a lancé un appel un dernier appel aux barons de l’informel qui refusent de bancariser leur argent.

 “Je lance un dernier appel à ceux qui ont accumulé de l’argent dans leurs foyers pour qu’ils le déposent dans les banques”, a-t-il dit. Il a rappelé à ce propos que l’Etat “a accordé de nombreuses garanties pour protéger le citoyen et l’économie nationale”, ajoutant que des banques ont intégré la finance islamique.

Les plus lus