Société

Le désert du Sahara s’est élargi de 10% en un siècle

Le Sahara, plus grand désert chaud du monde, a connu une expansion de son territoire de 10% entre 1920 et 2013, révèle une étude inédite publiée, jeudi 29 mars, par des chercheurs de l’université américaine du Maryland.

Les chercheurs sont arrivés à cette conclusion après avoir analysé les chutes de pluies enregistrées à travers l’Afrique de 1920 à 2013.

Ils ont ainsi découvert en observant les tendances annuelles que le Sahara, qui occupe la majorité du nord du continent africain, s’est étendu de 10% durant cette période. Une région désertique est en général définie par rapport à son faible taux de précipitations, de l’ordre de moins de 100 millimètres par an.

L’étude suggère que l’expansion du désert du Sahara serait notamment due au changement climatique causé par l’Homme mais également les cycles climatiques naturels tels que l’Oscillation atlantique multidécennale (OAM). Le pattern de l’expansion du Sahara varie de saison en saison, les différences les plus notables étant enregistrées dans les frontières nord et sud du désert. Comme tous les déserts, les frontières du Sahara fluctuent au fil des saisons, s’étendant durant l’hiver sec et se contractant durant l’été plus humide.

« Les déserts se forment généralement dans les sous-tropiques à cause des cellules de Hadley, à travers lequel l’air s’élève à l’équateur et descend dans les sous-tropiques », indique Sumant Nigam, professeur de sciences atmosphériques et océaniques et l’un des principaux auteurs de l’étude. « Le changement climatique a vraisemblablement élargi les cellules de Hadley, causant une avancée vers le nord des déserts subtropicaux. L’avancée vers le sud du Sahara suggère néanmoins que des mécanismes additionnels sont également en jeu, y compris les cycles climatiques tels que l’OAM », explique-t-il en outre.

« Le Bassin du Tchad est la région où le désert s’est étendu vers le Sud. Et le lac est en train de s’assécher », affirme Nigam, ajoutant qu’il s’agit d’« une empreinte très visible de précipitations réduites pas seulement localement, mais à travers l’ensemble de la région. C’est un intégrateur des arrivées d’eau qui déclinent  dans le large bassin du Tchad ».

Les résultats de l’étude ont des implications profondes sur l’avenir du Sahara, ainsi que pour d’autres déserts subtropicaux à travers le monde. Tandis que la population mondiale continue d’augmenter, une réduction des terres arables disposant de pluies suffisantes pour soutenir l’agriculture pourrait avoir des conséquences dévastatrices, estiment les chercheurs. « Les tendances en Afrique des étés chauds devenaient plus chauds et des saisons de pluies qui s’assèchent sont liées à des facteurs comprenant les gaz à effet de serre et des aérosols dans l’atmosphère », explique Ming Cai, directeur de la division des sciences atmosphériques et géospatiales de la National Science Foundation, qui a financé la recherche. « Ces tendances ont aussi un effet dévastateur sur les vies des populations africains, dont les économies dépendent de l’agriculture », affirme-t-il.

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