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Élections locales : la loi électorale dans le collimateur des partis

Élections locales : la loi électorale dans le collimateur des partis

L’Algérie se dirige vers le parachèvement du renouvellement des assemblées élues avec l’organisation des élections municipales et de wilayas le 27 novembre prochain.

Contrairement aux précédents scrutins (présidentielle du 12 décembre 2019, référendum sur la révision constitutionnelle du 1er novembre 2020 et élections législatives du 12 juin 2021), le front de la participation s’est élargi.

De grands partis ayant boycotté les dernières échéances ont décidé d’entrer cette fois dans la course, comme le Front des forces socialistes (FFS) et le Parti des travailleurs (PT).

Seul le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a maintenu sa ligne de rejet en annonçant sa non-participation.

| Lire aussi : Élections locales : pourquoi l’opposition revoit sa stratégie

Mais contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, la scène politique ne s’emballe toujours pas, à un mois et demi de l’échéance.

Au contraire, le discours des dirigeants des partis concernés par l’élection ne diffère pas trop de celui des adeptes du boycott. Hormis les traditionnels partis proches du pouvoir, c’est quasiment toute la classe politique qui critique les conditions de la tenue du prochain scrutin.

Dans le collimateur, la loi électorale, confectionnée selon plusieurs d’entre eux pour les entraver et encourager les listes indépendantes. Plusieurs partis ont trouvé d’énormes difficultés à collecter le nombre de signatures nécessaires pour faire valider leurs listes de candidature.

Le nombre exigé est jugé démesuré. Pour pouvoir présenter des listes dans l’ensemble des 1541 communes du pays, il faut réunir un total de 800 000 signatures.

Certains partis ont d’ores et déjà annoncé leur retrait après avoir opté pour la participation. Il s’agit du Front de la justice et du développement (FJD) de Abdallah Djaballah et de Talai el Houriet, le parti fondé par l’ancien chef du gouvernement Ali Benflis.

L’écueil des signatures

Le premier a expliqué sa position par « le refus du pouvoir de satisfaire les doléances présentées par les partis au président de la République » et le second a mis en avant le refus du président de l’autorité électorale (Anie), Mohamed Charfi, de recevoir les représentants des 14 politiques ayant annoncé leur participation.

Les deux formations politiques, ayant fait face à d’énormes difficultés dans la collecte des signatures, estiment que le pouvoir ne donne pas de signes qu’il compte organiser un scrutin honnête.

Le PT, après avoir annoncé sa participation, a fait un rétropédalage, laissant plutôt le choix à ses militants au niveau local d’entrer ou pas dans la course.

Chez le FFS, la désillusion n’est pas moindre. Son premier secrétaire, Youcef Aouchiche, qualifie la nouvelle loi électorale de « déclaration de guerre contre les partis politiques ».

Comme les autres partis, le FFS butte aussi sur l’écueil des signatures. Le parti fait face à un autre problème de taille : le refus d’une partie de ses militants et de ses structures locales de participer au scrutin.

La situation « paradoxale » des formations politiques ayant fait le choix de la participation est illustrée, chiffres et exemples à l’appui, par le président du MSP.

« Est-il normal, avec la désaffection et l’absence de confiance en l’État, avec cette inflation, de compliquer la tâche aux partis qui font bouger la scène politique et qui mobilisent le peuple pour participer à l’opération électorale ? Je m’adresse aux décideurs : où est votre raison ? », s’est écrié Abderrazak Makri lors d’une rencontre organique de son parti.

« On exige 50 000 signatures pour la candidature à la présidentielle, 25 000 pour les législatives et 800 000 au moins pour chaque parti aux locales. Pour présenter des listes dans toutes les communes d’Alger, il faut 45 000 signatures. Le comble c’est que les quatre partis qui représentent Alger au Parlement, tous réunis, n’ont pas obtenu 45 000 voix aux législatives », a-t-il ironisé. Makri a accusé l’administration de privilégier les indépendants, « sur instruction d’en haut ».

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